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Oct 072018
 

C’était la comète de cet été : la magnitude de 21P/Giacobini-Zinner a atteint +7 environ, la rendant aisément accessible dans une paire de jumelles sous un ciel noir. Car la belle chevelue est passée au périhélie le 10 septembre dernier, soit un peu moins d’un mois avant le début de la période d’activité de la pluie météorique des Draconides (DRA) qui lui est associée. D’une période de 6.5 années, les passages au plus près du Soleil de cette comète sont parfois associés à des sursauts d’activité plus ou moins intenses de la pluie d’étoiles filantes associée.

Le sursaut d’activité des Draconides en 2011, enregistré par Juan Carlos Casado depuis l’Espagne. Crédit: Juan Carlos Casado

Le dernier passage au périhélie de 21P/Giacobini-Zinner, en février 2011, avait été associé à un sursaut d’activité des Draconides prévu par les modélisations et observé depuis l’Europe, où les ZHR ont atteint 300. L’année suivante, en 2012, rien d’exceptionnel n’était prévu, mais un sursaut d’activité quasi-identique a été enregistré en radio/radar. Lors de retours exceptionnels, il est même arrivé que les Draconides donnent naissance à des tempêtes de météores, comme ce fut le cas en 1933 et 1946.

La comète 21P/Giacobini-Zinner photographiée depuis le Pic du Midi le 6 octobre 2018, vers 03h 50min TU, soit 3 jours seulement avant le maximum prévu de la pluie météorique qui lui est associée. Crédit: François Colas

Cette année, malgré le passage récent de la comète au périhélie, aucune modélisation ne prévoir de réel sursaut d’activité. Cependant, vues les conditions, et le sursaut inattendu de 2012, il est recommandé de surveiller tout-de-même cette pluie de météores, car rien n’est impossible ! Le maximum « classique », dont le ZHR varie généralement entre 0 et 5, est prévu dans la nuit du 8 au 9 octobre, entre 23h TU et 01h TU (à 00h 10min TU d’après l’International Meteor Organization). En prenant en compte les derniers sursauts d’activité, les augmentations inattendues d’activité peuvent quant à elles arriver entre le 8 octobre, 15h 30min TU (en prenant en compte l’horaire du sursaut de 2011) et le 9 octobre, 08h 50min TU (en tenant compte du sursaut de 1999). Mieux vaudra donc surveiller le plus possible cette source d’activité !

Les prévisionnistes semblent cependant s’accorder sur une potentielle légère augmentation d’activité, lorsque la Terre passera à proximité d’un nuage de météoroïdes (« dust trail ») libéré de la comète en 1953, mais qui a été perturbé par un passage rapproché de la Terre en 1985, ce qui rend difficile toute estimation d’activité associée à ce tore de particules. Mikiya Sato prévoit ainsi un ZHR compris entre 20 et 50 le 9, vers 00h 14min TU, Jérémie Vaubaillon voit un ZHR plus faible (proche de 15) et un peu plus tôt (le 8, vers 23h 31min TU) et Mikhail Maslov obtient un horaire quasi-identique (23h 34min TU) pour un ZHR de 10-15. A confirmer (ou pas) !

Le radiant des Draconides est localisé dans la tête de la constellation du Dragon. Il est donc circumpolaire sous les latitudes de la France métropolitaine : les Draconides peuvent donc être observées toute la nuit, même si le début de nuit est plus favorable. Crédit : IMO

Le radiant des Draconides est localisé dans la tête du Dragon : il est donc circumpolaire (il ne se couche jamais) depuis les latitudes de la France métropolitaine, et les Draconides sont donc observables toute la nuit. Mais il est tout-de-même plus haut dans le ciel en début de nuit, et donc mieux placé pour l’observation. Mais vues les incertitudes sur l’activité, ceux qui peuvent veiller toute la nuit feraient bien d’en profiter ! Les Draconides sont des météores très lents, puisque la vitesse d’entrée des particules qui leur donne naissance est de 20 km/s. Les météores ont donc des vitesses apparentes faibles (s’ils sont observés haut dans le ciel et loin du radiant), voire très lentes (près du radiant et/ou de l’horizon). Ce qui les rend facilement identifiables et évite les confusions avec les météores sporadiques qui pourraient éventuellement s’aligner avec le radiant, faussant les analyses, notamment en cas de faible activité.

Bonne chance et bons ciels à tous !

Lexique

  • une pluie d’étoiles filantes est l’ensemble des météores associés à un nuage de météoroïdes issus d’une même source (comète ou astéroïde)
  • une comète est un objet constitué de roches et de glaces généralement localisé aux confins du Système solaire, mais qui peut se rapprocher périodiquement du Soleil. En s’en rapprochant, les glaces de la surface du noyau se subliment, entraînant avec elles les poussières qu’elles contiennent. Ce qui donne naissance aux queues de gaz et de poussières caractéristiques de ces objets.
  • un météore (ou étoile filante) est le trait lumineux observé lorsqu’une poussière interplanétaire ou un petit météoroïde pénètre dans l’atmosphère terrestre à très grande vitesse (entre 12 et 72 km/s)
  • un météoroïde est une petite particule de quelques millimètres à quelques dizaines de centimètres de diamètre qui se déplace dans l’espace. C’est elle qui donne naissance au météore si elle a la chance de pénétrer dans l’atmosphère de la Terre. Si le météoroïde est suffisamment massif, une partie de l’objet peut résister à cette entrée dans l’atmosphère, et donner naissance à une météorite.
  • une météorite est le caillou rocheux ou métallique qui est retrouvé sur terre, lorsqu’une partie d’un météoroïde suffisamment massif a réussi à traverser l’atmosphère et arriver au sol.
  • le radiant d’une pluie d’étoiles filantes est le point de la voûte céleste d’où semble provenir, par effet de perspective, les météores issus d’une même pluie.
  • le ZHR (Zenithal Hourly Rate, ou Taux Horaire Zénithal) est le nombre de météores que pourrait observer un individu dans des conditions d’observations parfaites : ciel bien noir et radiant localisé au zénith.
Déc 312017
 

Comme tous les ans, la trêve des confiseurs est à peine terminée que l’actualité météorique reprend le dessus ! Notamment avec le maximum d’activité de l’une des trois pluies d’étoiles filantes les plus actives de l’année : les Quadrantides.

Les Quadrantides photographiées par Leo Lamm en 2014, depuis la muraille de Chine. Crédit image : Leo Lamm

Les Quadrantides photographiées par Leo Lamm en 2014, depuis la muraille de Chine. Crédit image : Leo Lamm

 

Une pluie météorique méconnue à l’origine complexe

Tout au long de l’année, au cours de son voyage autour du Soleil, la Terre rencontre sur son passage de petites particules rocheuses ou métalliques issues de comètes ou d’astéroïdes, qui, en rentrant dans l’atmosphère à très grande vitesse, donne naissance à un trait lumineux fugitif : le météore (ou étoile filante). A certaines périodes, la Terre traverse des zones plus riches en poussières : le nombre d’étoiles filantes augmente alors plus ou moins considérablement, donnant naissance à des pluies météoriques, dont l’activité varie de 2 à plusieurs centaines, voire très exceptionnellement plusieurs milliers d’étoiles filantes par heure.

Trois pluies météoriques principales reviennent régulièrement, chaque année. Il s’agit des célèbres Perséides (en août), des Géminides (en décembre) et… des Quadrantides ! Ces dernières sont moins connues que les deux autres, car elles sont plus difficiles à observer, mais leur activité est comparable, voire supérieure ! Ce sont ces dernières qui vont être observables la première semaine du mois de janvier.

L’activité des Quadrantides a en réalité débuté le 28 décembre, et elle va perdurer jusqu’au 12 janvier, avec un maximum prévu le 3 janvier, vers 20h TU (soit 21 h, heure locale française). Mais l’activité de cette pluie n’est sensible que dans la journée entourant le maximum, qui a lui-même généralement une durée relativement faible : c’est pourquoi le moindre aléas météorologique peut vite réduire tout espoir d’observer les Quadrantides à néant ! Ces météores sont associés aux poussières interplanétaires libérées par divers objets du Système solaire. Le plus grand pourvoyeur de ces particules est cependant un astre (probablement une comète devenue inactive) découvert en 2003 et répondant au doux matricule de 2003 EH1. Ce dernier, lorsqu’il était encore actif, éjectait des particules rocheuses à chacun de ses passages à proximité du Soleil, lors de la sublimation de la glace de surface. Particules qui continuent de voyager et que notre planète peut être amenée à rencontrer. Mais d’autres objets, comme la comète 96P/Machholz, semblent également participer à la réserve de météoroïdes qui donne actuellement naissance à cette pluie d’étoiles filantes dont la dynamique est encore mal connue, malgré sa forte activité.

Observer les Quadrantides

L’avantage des Quadrantides, c’est qu’une simple paire d’yeux suffit pour les observer ! A condition de respecter quelques règles simples pour profiter au mieux du spectacle… Tout d’abord, se couvrir très chaudement : tenue de sports d’hiver indispensable sous peine de n’avoir vite qu’une seule idée en tête, rentrer pour se réchauffer ! Une fois se souci logistique réglé, ne reste plus qu’à savoir où et quand observer. Les Quadrantides sont théoriquement observables toute la nuit. Cependant, elles seront très peu nombreuses en début de nuit (moins de 5 météores par heure), alors qu’à partir de 3-4 h du matin, ce sont 20 à 30 météores par heure qui devraient être observables. Ceci est dû au fait que le radiant (la zone du ciel d’où semblent provenir toutes les Quadrantides, par un effet de perspective), localisé dans une constellation aujourd’hui disparue, celle du Quadrant mural (localisé entre les constellations de la Grande Ourse, du Dragon, du Bouvier et d’Hercule, et d’où est issu leur nom), est très bas dans le ciel en première moitié de nuit, et qu’il ne s’élève qu’à partir de minuit. Or, plus le radiant est bas, moins les Quadrantides sont nombreuses ! Les météoroïdes qui donnent naissance aux Quadrantides pénètrent dans l’atmosphère à 41 km/s (soit plus de 147 000 km/h !) : ces dernières sont donc de vitesse apparente moyenne, voire faible si elles sont observées prêt du radiant ou de l’horizon.

Il est également important d’observer sous un ciel qui s’y prête : la Lune étant largement présente cette année, il faut absolument essayer de la masquer avec un relief, un bâtiment, ou un objet. Et si ce n’est pas possible, alors il ne faut surtout pas regarder dans sa direction, mais à l’opposé. Plus le ciel sera transparent, moins les effets de notre satellite se feront sentir : tout voile d’humidité ou la présence d’aérosols dans l’atmosphère va considérablement amplifier les effets lumineux de la Lune, et gommer les météores les moins lumineux. N’hésitez donc pas à chercher les cieux les plus clairs possibles, et à vous éloigner des villes !

Toutes ces conditions respectées, il ne vous restera plus qu’à vous allonger dans votre sac de couchage, et profiter du spectacle ! 20 à 30 vœux par heure, quoi de mieux pour bien débuter l’année 2018 ?

Déc 212017
 
Vendredi 22 décembre, en milieu de journée (vers 15h TU, d’après l’International Meteor Organization) est prévu le maximum d’activité de la pluie météorique des Ursides (URS). Ce n’est pas la pluie météorique la plus active de l’année, et elle est même 10-15 fois moins actives que les pluies principales (Géminides, Perséides, Quadrantides), mais son ZHR maximum est d’environ 10, ce qui en fait une source tout de même intéressante à observer, puisque 5 à 7 Ursides sont observables par heure sous nos latitudes, en fin de nuit.
Le radiant des Ursides est localisé, comme son nom l’indique, dans la constellation de la Petite Ourse, à proximité de l’étoile Kochab (bêta UMi). Il est donc circumpolaire, mais il est plus bas sur l’horizon en première moitié de nuit, et il vaut mieux l’observer pendant les heures précédents l’aube pour profiter pleinement de l’activité de la pluie. Et il est donc détectable 24h/24, 7j/7, pour ceux qui utilisent des méthodes radio pour enregistrer les météores !
Position et dérive du radiant des Ursides au cours du temps. Crédit : IMO

Position et dérive du radiant des Ursides au cours du temps. Crédit : IMO

Il est intéressant de noter que les Ursides font partie de ces pluies météoriques dont l’activité peut être la source de sursauts d’amplitude variables. Ainsi, certains d’entre eux ont été très importants (ce fut le cas en 1945 et 1986). D’autres ont fait monter le ZHR à 15-20, comme ce fut le cas plus récemment (2006 & 2008), et certaines augmentations d’activité (2014 et 2015) n’avaient pas été spécialement prévues…
Cette année, d’après les modélisations de l’IMCCE, Jérémie Vaubaillon prévoit que la Terre passera à proximité d’un nuage de météoroïdes libérés de la surface de la comète 8P/Tuttle en l’an 884 aux environs du 22 décembre, 14 h 43 min TU, ce qui correspond peu ou prou à l’horaire du maximum principal. Il est donc possible que l’activité des Ursides soit légèrement supérieure à la moyenne, mais ce ne sera détectable de chez nous qu’en radio, car il fera jour… Les observateurs visuels devront eux se contenter d’observer avant et après le maximum, en fin de nuits du 21-22 et 22-23/12.
Avec une vitesse d’entrée de 33 km/s, les Ursides auront des vitesses apparentes semblables aux Géminides, dont l’activité touche à sa fin. Elles peuvent être observées partout dans le ciel, mais seront toutefois plus nombreuses si vous centrez votre champ de vision vers la constellation des Chiens de Chasse, ou la tête de la Grande Ourse, en deuxième moitié de nuit.
Bons ciels !
Déc 132017
 
Les Géminides 2015, photographiées par Steed Yu depuis l'observatoire de Xinglong, en Chine

Les Géminides 2015, photographiées par Steed Yu depuis l’observatoire de Xinglong, en Chine. Crédit NightChina.net, Steed Yu

Les Géminides, associées à l’astéroïde (ou comète rocheuse, ou comète éteinte, on ne sait pas encore trop) (3200) Phaéthon sont actives depuis plus d’une semaine maintenant ! Les observateurs radio, vidéo et visuels ont dû s’en rendre compte, car leur nombre n’a cessé de croître au cours des dernières nuits.
Coïncidence amusante, cette année, le 17 décembre, (3200) Phaéthon va effectuer son passage le plus proche de notre planète depuis sa découverte en octobre 1983 : il passera ainsi à 10.3 millions de kilomètres à cette date-là. Trop éloigné, donc, pour que des particules en train de s’échapper de sa surface puissent nous atteindre, et donc pas de sursauts d’activités attendus. Mais une étude très récente de Juergen Rendtel et Galina Ryabovaexplique l’augmentation continue d’activité de cette source depuis 1985. Et le phénomène ne devrait pas s’arrêter !
Cette année, le ciel est très favorable pour l’observation visuelle des Géminides, puisque la Lune sera absente du ciel, laissant un ciel bien noir aux observateurs qui auront réussi à s’éloigner des lumières artificielles. Ainsi, l’observation pourra être faite en toute quiétude, et surtout, elle sera optimisée ! Au plus fort de l’activité apparente (lorsque le radiant, localisé très près de l’étoile Castor, dans les Gémeaux), donc vers 2-3 h du matin, 70 à 80 Géminides devraient être observables par heure.
Cette année, le maximum est prévu le 14 décembre, vers 06h 30m TU, donc la nuit prochaine sera la plus active ! Et vus les niveaux d’activité enregistrés les années passées, ce sera peut-être même la plus active de l’année !
L’International Meteor Organization a consacré une page à l’observation des Géminides : https://www.imo.net/viewing-the-geminid-meteor-shower-in-2017/
Bons ciels !
Oct 202017
 

La nuit prochaine, levez-vous un peu plus tôt que prévu, et levez vos yeux vers le ciel. Attendez quelques minutes ? Vous l’avez vue ? Non ? Alors attendez un peu : avec 15 à 20 étoiles filantes par heure, vous devriez rapidement observer une Orionide, c’est-à-dire une étoile filante associée à la célèbre comète de Halley !

Le noyau de la comète de Halley, d’où sont libérées les météoroïdes qui vont donner naissance aux Orionides et aux êta-Aquarides (en mai). Credit: Halley Multicolor Camera Team, Giotto Project, ESA

 

La comète 1P/Halley, lors de son dernier passage, en 1986, photographié depuis l’île de Pâques par W. Liller, le 8 mars 1986. La queue bleue est composée de gaz ionisés, la queue plus blanche est constituée de particules rocheuses qui peuvent donner naissance à des météores si la Terre est amenée à les rencontrer. Credit : W. Liller

La comète de Halley est une grosse patate de cailloux et de glaces, qui revient à proximité de la Terre et du Soleil tous les 76 ans environ. Et à chacun de ses passages, la glace à la surface du noyau cométaire se sublime (elle passe directement de l’état solide à l’état gazeux), entrainant avec elle des petites particules rocheuses qui vont se promener dans l’espace interplanétaire… Or, deux fois par an, notre planète traverse le nuage de poussières libérées du noyau de cette célèbre comète, donnant naissance à deux pluies météoriques distinctes : les êta-Aquarides en mai (plus facilement observables depuis l’hémisphère Sud) et les Orionides (en octobre).

Les Orionides en 2006, photographiées par Tunc Tezel, qui mettent en évidence le phénomène de radiant. Credit & Copyright: Tunc Tezel

C’est cette dernière dont le maximum d’activité devrait avoir lieu lors des prochaines nuits (du 20 au 21 et du 21 au 22 octobre) : en fin de nuit, 15 à 20 Orionides devraient ainsi être observables par heure ! Ces étoiles filantes (synonyme de météores), par un effet de perspective (le même qui donne l’impression que des flocons de neige/gouttes d’eau semblent venir d’un même point lorsqu’on roule rapidement dessous en voiture), semblent provenir d’une même zone de la voûte céleste, dans la constellation d’Orion, d’où leur nom. Orion étant mieux placée en fin de nuit, il vaut donc mieux observer les Orionides dans les heures avant le lever du Soleil.

La position du radiant des Orionides et les constellations environnantes. Credit : Stellarium

Les Orionides peuvent apparaître n’importe où dans le ciel, mais vous optimiserez vos observations en dirigeant votre regard vers à l’Est des étoiles Castor et Pollux dans les Gémeaux, ou dans la direction de la constellation du Bélier, et en restant le plus concentré possible sur le ciel. Les Orionides sont des étoiles filantes très rapides (les poussières rentrent dans l’atmosphère à une vitesse de 66km/s) : vous devriez alors observer ces météores rapides, avec une fréquence d’un météore toutes les 3-4 minutes !

Août 102017
 

Si vous vous levez demain matin (11/08) avant le lever du Soleil, vous devriez, malgré la Lune, apercevoir quelques étoiles filantes traverser rapidement le ciel nocturne. C’est normal, le maximum d’activité des Perséides est prévu dans une cinquantaine d’heures !

Les Perséides 2017 photographiées par Tunç Tezel depuis la Turquie. Crédit : Tunç Tezel, TWAN

Tous les ans, à la même période (aux alentours du 12 août), de nombreuses personnes partent à la chasse aux étoiles filantes (également appelés météores). Car ces dernières sont effectivement plus nombreuses ces nuits-là. La raison ? Notre planète, la Terre, traverse alors une zone plus dense en poussières (également appelés météoroïdes) de l’espace. Ces poussières se sont échappées depuis plusieurs centaines, voire milliers d’années du noyau d’une comète, 109P/Swift-Tuttle, qui revient à proximité du Soleil, et donc de la Terre, tous les 133 ans environ. Car le noyau d’une comète est composé de poussières et de glaces. En se rapprochant du Soleil, la glace de la surface se sublime (passe directement de l’état solide à l’état gazeux), emportant avec elle les particules rocheuses inclues dedans. Conséquence : l’orbite de la comète est entourée d’un nuage de météoroïdes qui ont été libérés depuis plus ou moins longtemps, et donc plus ou moins dispersés. Son dernier passage eut lieu en décembre 1992, et les années qui précédèrent et suivirent ce retour furent la source d’une recrudescence d’activité.

Depuis, l’activité semble s’être stabilisée, et le nombre théorique de Perséides observables actuellement par heure lors du maximum est d’environ 100. Le nombre de météores réellement observé est moindre (sauf si vous avez un ciel parfait !). Par exemple, cette année, la Lune étant présente dans le ciel, vous devriez observer 20 à 30 Perséides par heure, en fin de nuit, même si le ZHR* est de 100, en fin de nuit du 11 au 12, puis du 12 au 13 août.

Le maximum est en effet prévu cet année  entre le 12 août, 14h TU et le 13 août, 02h30 TU. Les meilleures périodes pour observer les Perséides sont donc la fin de nuit du 11 au 12 août, et toute la nuit du 12 au 13 août (en début de nuit, le radiant sera bas dans le ciel, mais la Lune absente ; en fin de nuit, le radiant** sera plus haut, mais la Lune sera présente, donc en fonction de vos disponibilités et conditions d’observation, vous pouvez choisir votre période d’observation).

La position du radiant des Perséides (PER) et son déplacement au cours du temps. Crédit : IMO

Pour cela, quelques conseils indispensables pour que vos observations se déroulent bien !

  • Couvrez-vous chaudement ! Même si nous sommes en été, les nuits sont fraîches, et vous allez rester allongés, sans trop bouger. Donc si vous ne voulez pas écourter votre session d’observation pour cause d’hypothermie, couvrez-vous chaudement, d’autant plus que les températures prévues pour les nuits à venir sont relativement fraîches.
  • Allongez-vous ! Chaise-longue, tapis de sol sont les bienvenus ! Sinon, c’est torticolis assuré, et une session d’observation écourtée…
  • Observez en deuxième moitié de nuit : le radiant (le point du ciel, d’où, par un effet de perspective, les Perséides semblent toutes provenir) des Perséides est dans Persée (d’où leur nom). Or, la constellation de Persée est très basse dans le ciel en début de nuit. Conséquence : leur nombre observable sera faible. Par contre, en fin de nuit, Persée sera bien plus haute dans le ciel, et le nombre de météores observés sera donc bien plus important !
  • Concentrez-vous ! Vous verrez bien moins de météores si vous ne gardez pas toute votre attention concentrée vers le ciel. Surtout pour les météores les moins lumineux.
  • Essayez d’observer sous des cieux les plus purs possibles : la Lune sera présente, et éclairera le ciel. Tout voile de brume, nuages, humidité ou aérosols augmentera considérablement ses effets. Plus votre ciel sera pur, moins l’effet de la Lune se fera sentir, et plus vous verrez d’étoiles filantes.
  • Masquez la Lune (avec un relief, un paravent, un parasol, ou une casquette) : cette dernière est très brillante, et fatiguante à la longue. Surtout, ne la gardez pas dans votre champs de vision, mais regardez plut^to dans la direction opposée, là où le ciel est plus noir !

N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions à ce sujet !

Bonne chasse aux vœux !

 

Notes

*ZHR : Zenithal Hourly Rate, c’est-à-dire le nombre théorique maximum observable de météores d’une source météorique donnée dans des conditions d’observation parfaites (radiant au zénith et ciel bien noir). Le nombre de météores réellement observé est généralement moindre.

**radiant : zone de la voûte céleste d’où semblent provenir, par un effet de perspective, les météores d’une même pluie météorique. En pratique, il ne faut jamais observer directement le radiant, car les météores peuvent apparaître partout dans le ciel. Pour optimiser sa chasse aux Perséides, il faut observer à une distance de 20-40° du radiant, à 60-80° de hauteur, et ne surtout pas avoir la Lune dans son champs d’observation !

Juin 062017
 
Les Ariétides diurnes, actives du 22 mai au 2 juillet, sont une des pluies de météores les plus actives en radio, donc tous les observateurs doivent avoir commencé à enregistrer un nombre croissant de « pings » en provenance de cette source ces derniers jours ! Le maximum d’activité de cette source météorique diurne est prévu demain, et le nombre
de météores devrait donc être encore plus important !
Activité radar enregistrée par le CMOR (Canadian Meteor Orbit Radar, http://meteor.uwo.ca/research/radar/cmor_intro.html) ces dernières 24 heures. Le radiant des Ariétides (ARI) est bien visible, vue l'activité actuelle de la source ! Crédit : CMOR

Activité radar enregistrée par le CMOR (Canadian Meteor Orbit Radar, http://meteor.uwo.ca/research/radar/cmor_intro.html) ces dernières 24 heures. Le radiant des Ariétides (ARI) est bien visible, vue l’activité actuelle de la source ! Crédit : CMOR

Le radiant des Ariétides est, comme son nom l’indique, localisé dans la constellation du Bélier, donc actuellement très près du Soleil. Plus précisément, il est à environ 30° à l’ouest de notre étoile, et se lève donc à peine 45 minutes avant elle. C’est pourquoi, il y a 3 ans de cela (en 2014), l’International Meteor Organization (IMO) a lancé une campagne d’observation VISUELLE de cette source, afin d’essayer de corréler l’activité radio enregistrée avec les taux d’activité qui seraient enregistré à l’œil nu si le radiant de la source était mieux placé.
Le ZHR équivalent en visuel est estimé aux environs de 30, ce qui en fait une source relativement active (plus active, même, que les Orionides, Léonides ou Lyrides). Mais comme le radiant se lève juste avant le Soleil, il reste très bas sur l’horizon, alors que le crépuscule matinal arrive. Pour participer à la campagne d’observation, il faut tout simplement essayer d’observer les Ariétides dans les matinées entourant le maximum, juste avant le lever du Soleil, et ce, même si le radiant est bien plus bas (le radiant doit normalement être à plus de 20° de hauteur au-dessus de l’horizon) que les recommandations habituelles pour faire des observations. Tout cela pour essayer d’avoir une idée de l’activité visuelle réelle de cette pluie de météores.
Bonne chance à tous ceux qui participeront à cette campagne d’observation demain et après-demain matin !
Mai 282017
 
Cette petite source de météores n’est que rarement évoquée, mais elle est légèrement revenue sur les devants de la scène (mais quand même pas tout devant la scène) il y a quelques semaines, lorsque Mikhail Maslov a envoyé un message sur le forum de l’IMO (International Meteor Organization) où il expliquait que d’après ses modèles, il était possible qu’une petite augmentation d’activité de cette source soit observée en début de soirée du 30 mai prochain. Le maximum annoncé devrait avoir lieu vers 17h 24min TU. Ce n’est donc pas très favorable sous nos longitudes européennes, car il fera alors bien jour. mais les observateurs radio peuvent essayer de capter une éventuelle augmentation des échos, et les ceux qui observent en visuel (œil nu ou vidéo) peuvent se concentrer sur les premières heures de la nuit !
Position du radiant des tau-Herculides (TAH) et potentiels météores issus de cette source. Crédit image : IMO, Robert Lunsford

Position du radiant des tau-Herculides (TAH) et potentiels météores issus de cette source. Crédit image : IMO, Robert Lunsford

Contrairement à ce que son nom laisse supposer, le radiant des tau-Herculides (TAH) est plutôt localisé dans le Bouvier. Il est donc très bien placé pendant une grande partie de la nuit. L’activité des tau-Herculides est idéalement à surveiller du 29 au 31 mai, au cas où… Car c’est surtout dans 5 ans qu’un joli spectacle pourrait avoir lieu : en 2022, la Terre devrait rencontrer un filament de météoroïdes libérés de la comète 73P/Schwassmann-Wachmann 3 lors de son retour au périhélie de 1995. Et les observations de cette année pourraient aider à contraindre les prévisions de 2022 !
A vos yeux et à vos instruments, donc !
Mai 032017
 
Attention, elles arrivent !
Nous sommes entrés depuis le 19 avril dans le courant de météoroïdes issus de la comète de Halley qui donne naissance, comme tous les ans, à la même période, à la pluie météorique des êta-Aquariides ! Le maximum « classique » de ces dernières est prévu cette année le 6 mai, donc dans 3 jours environ.
MAIS, car il y a un mais, Mikhail Maslov a fait tourner quelques modèles, selon lesquels il est possible qu’une augmentation d’activité soit observée le 4 mai, entre 14h et 18h TU, lorsque la Terre passera à proximité du « dust trail » laissé par 1P/Halley lors de son passage au périhélie de -615…
Une telle augmentation avait été prévue (par Mikiya Sato) et observée en 2013, année exceptionnelle pendant laquelle le ZHR avait atteint 120 au lieu des 60-70 habituels ! Un spectacle impressionnant, même sous nos latitudes, qui ne sont pas les plus favorisées pour leur observation. Mikiya Sato a donc également fait des prévisions pour cette année. mais d’après lui, il est tout de même peu probable qu’une augmentation significative d’activité soit observée, même si on ne sait jamais ! Par comparaison avec 2013, nous passeront cette année plus loin du « dust trail » en question, et il n’y en aura qu’un, alors qu’en 2013, la Terre passait à proximité de plusieurs d’entre eux. Qui plus est, d’après ce même Mikiya Sato, l’augmentation d’activité, si elle a lieu, aurait lieu plus tard que celle des prévision de Maslov, puisque d’après ces calculs, elle se déroulerait le 5 mai, entre 5h et 15h TU.
Modélisation de la position des "dust trails" à proximité de la Terre aux alentours du 5 mai 2017, d'après les calculs de Mikiya Sato. Crédit : Mikiya Sato

Modélisation de la position des « dust trails » à proximité de la Terre aux alentours du 5 mai 2017, d’après les calculs de Mikiya Sato. Crédit : Mikiya Sato

A surveiller donc !
Et surtout en radio !
Car le radiant des êta-Aquariides, comme son nom l’indique, est localisé dans le Verseau, et il se lève très tard, et reste englué au ras de l’horizon. Seules quelques dizaines de minutes avant le début du crépuscule nautique peuvent être exploités pour leur observation à l’œil nu. Comme le radiant est bas, le nombre d’ETA observées ne sera pas conséquent (environ 5 par heure), mais elles peuvent être superbes, car elles peuvent se présenter sous forme de météores rasants (« earthgrazers » in English).
Position du radiant des êta-Aquariides (ETA), du 20 avril au 25 mai. Crédit : IMO

Position du radiant des êta-Aquariides (ETA), du 20 avril au 25 mai. Crédit : IMO

Par contre, alors que le Soleil sera levé, les observateurs radio pourront continuer d’observer l’activité de la source, et nous dire si les prévisions de Mikhail Maslov et Mikiya Sato sont confirmées ou pas !
Donc à vos yeux, vidéos, et récepteurs radio pour les nuits à venir !
Bons ciels à tou-te-s !
Pour aller plus loin :
Août 122016
 

Les Perséides 2016 n’auront pour l’instant pas déçu ! Elles ont même créé la surprise, avec des sursauts d’activité qui, de mémoire d’observateurs, n’avaient pas été égalé depuis les Draconides en 2011. Lors de la nuit du 11 au 12 août 2016, deux sursauts d’activité principaux étaient attendus (voir article précédent). Et ils ne sont pas passés inaperçus !

Courbe de ZHR pour les Perséides 2016 réalisé par l'IMO en temps réel à partir des observations visuelles (au 16/08/2016, 00h30). Crédit : IMO.

Courbe de ZHR pour les Perséides 2016 réalisé par l’IMO en temps réel à partir des observations visuelles (au 16/08/2016, 00h30). Crédit : IMO.

Le premier pic, associés aux veines de particules libérées par la comète 109P/Swift-Tuttle en 1479 et 1862, a été court, mais extrêmement intense. certains observateurs ont pu enregistrer jusqu’à 15 Perséides par minutes ! Le ZHR général, qui était alors d’environ 40, à brusquement grimpé pour atteindre un pic (aux environ de 23h15 TU) de ZHR supérieur à 230. Ce pic, qui a été suivi par de nombreux autres (donné par la courbe en temps réel de l’IMO, à voir ici) :

  • 12/08, 02h20 TU, ZHR ~ 170
  • 12/08, 03h30 TU, ZHR ~ 170
  • 12/08, 05h30 TU, ZHR ~ 140
  • 12/08, 08h00 TU, ZHR ~ 150
  • 12/08, 09h20 TU, ZHR ~ 120.

Le tout engendrant une forte activité qui a perduré pendant de nombreuses heures (et visible jusqu’à l’aube depuis l’Europe), activité confirmée par les enregistrements radio japonais : http://www5f.biglobe.ne.jp/~hro/Flash/2016/PER/index.html

Et en partie (pour les Perséides les plus brillantes) en images ici, grâce à Dominique André !

Couple de Perséides apparues à 2 secondes d'intervalle le 12 août. Crédit : Karl Antier.

Couple de Perséides apparues à 2 secondes d’intervalle le 12 août. Crédit : Karl Antier.

Le maximum « classique » devrait avoir lieu d’ici quelques heures, mais seuls les observateurs radio peuvent en profiter. Les observateurs à l’oeil nu devront patienter jusqu’à la tombée de la nuit (et même plutôt jusqu’au coucher de la Lune, vers 2 h du matin (heure locale)) pour retrouver les Perséides. Le spectacle devrait être conséquent encore la nuit prochaine (même si aucun sursaut d’activité n’est prévu), alors n’hésitez pas !

Image composite des Perséides enregsitrées par le station vidéo de Tioga Gulon depuis Cérilly (Allier), dans la nuit du 11 au 12 août 2016. Crédit : Tioga Gulon.

Image composite des Perséides enregistrées par le station vidéo de Tioga Gulon depuis Cérilly (Allier), dans la nuit du 11 au 12 août 2016. Crédit : Tioga Gulon.

 

Image composite des Perséides enregistrées par le station vidéo de Tioga Gulon depuis Fléville (Meurthe-et-Moselle), dans la nuit du 11 au 12 août 2016. Crédit : Tioga Gulon.

Image composite des Perséides enregistrées par le station vidéo de Tioga Gulon depuis Fléville (Meurthe-et-Moselle), dans la nuit du 11 au 12 août 2016. Crédit : Tioga Gulon.

 

Courbe d'activité déduite des enregsitrements de la caméra de Tioga Gulon à Cérilly (Allier). Crédit : Tioga Gulon.

Courbe d’activité déduite des enregsitrements de la caméra de Tioga Gulon à Cérilly (Allier). Crédit : Tioga Gulon.

Dernière mise à jour : 16/08/2016, 00h45