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Août 032016
 

Un sursaut d’activité de la petite pluie d’étoiles filantes des gamma-Draconides de juillet a été enregistré en vidéo (via le réseau CAMS Benelux) et en radar (CMOR) vers 0h TU, le 28 juillet (donc dans la nuit du 27 au 28/07). Le sursaut a duré moins de 2 heures, et les eZHRs déduits des enregistrements vidéo seraient montés pour atteindre 30 à 40, soit plus de 10 fois l’activité habituelle de cette pluie météorique !

Credit: IMO

Credit: IMO

 

Plus d’informations (en anglais):

 

Dernière mise à jour : 05/08/2016, 11h00

Août 012016
 

Tout est dit dans le titre !

Pour pouvoir lire et re-lire cette inestimable source d’informations (pour l’instant en anglais, mais en cours de traduction dans la langue de Molière) rédigée tous les ans par Jürgen Rendtel (qui a pris la suite d’Alastair McBeath), une seule adresse : http://imo.net/files/data/calendar/cal2017.pdf

Bonne lecture à tou-te-s !

Juil 212016
 

Peut-on encore imaginer passer quelques nuits dehors au milieu du mois d’août sans imaginer lever les yeux vers le ciel pour observer pendant ce qu’il est communément appelé « les nuits des étoiles filantes » ?

Même si cette idée qui consiste à croire qu’on ne peut observer des météores (synonyme d’étoile filante) qu’au mois d’août reste tenace, il est cependant vrai que les Perséides (qui sont la source de la pluart des météores observés aux alentours du 12 août) peuvent parfois être impressionnantes, comme lors du dernier passage de la comète à l’origine de la pluie météorique, 109P/Swift-Tuttle, au début des années 1990 (les ZHR ont alors régulièrement frôlé, voire dépassé les 250). Depuis cette période, les Perséides ont continué d’être actives, avec des ZHR* (Zenithal Hourly Rates) d’environ 60 à 120 en fonction des années, avec quelques poussées exceptionnelles à 160 (en 2004), voire 180 (comme en 2009).

La pluie météorique des Perséides est en effet associée aux poussières libérées par le noyau de la comète 109P/Swift-Tuttle. poussières qui sont libérées lorsque, suffisamment proche du Soleil (ce qu’elle fait tous les 130 ans environ), les glaces à la surface du noyau se subliment (passent directement de l’état solide à l’état gazeux), entraînant avec elles les particules rocheuses qu’elles contiennent. Comme l’orbite de la comète passe reativement près de celle de notre planète, tous les étés, entre le 17 juillet et le 24 août, notre planète traverse le nuage de météoroïdes (c’est ainsi qu’on appelle ces particules rocheuses) laissé par la comète sur son sillage depuis des milliers d’années. Lorsque l’un de ces météoroïdes a une trajectoire qui l’amène a rencontrer la Terre, il pénètre alors dans l’atmosphère à un vitesse relative de 59 km/s, et toute personne observant le ciel à ce moment là verra apparaître une traînée lumineuse : un météore (ou étoile filante).

Nous commençons donc à traverser ce nuage dès la mi-juillet. ensuite, au fur et à mesure que le temps avance, la densité de particules augmente, car notre planète s’enfonce de plus en plus profondément dans le nuage. Et le nombre de météores observés augmente en conséquence. Le maximum est atteint lorsque nous arivons au coeur du nuage, ce qui arrive tous les ans, aux alentours du 11-12 août, ce qui donne naissance au maximum dit « classique », dont le ZHR déjà évoqué oscille entre 60 et 120. En 2016, ce maximum « classique » est prévu le 12 août, entre 13h et 15h30 TU. Donc… en plein jour pour l’Europee. Cependant, les nuits précédant et suivant le maximum ne doivent pas être négligées ! Car le maximum peut être décalé par rapport aux prévisions, et surtout, l’activité est tout de même forte plusieurs dizaines d’heures avant et après le pic d’activité !

La première veine de météoroïdes rencontrée a été libérée en 1479. Elle ne devrait pas être très dense, mais probablement composée de météoroïdes assez massifs, à la source de météores relativement lumineux. La Terre devrait pénétrer au plus profond de ce tore le 12/08/2016, vers 23h29m TU. Crédit : IMCCE/CINES.

La première veine de météoroïdes rencontrée a été libérée en 1479. Elle ne devrait pas être très dense, mais probablement composée de météoroïdes assez massifs, à la source de météores relativement lumineux. La Terre devrait pénétrer au plus profond de ce tore le 12/08/2016, vers 23h29m TU. Crédit : IMCCE/CINES.

1862-Noeuds-Earth2016

La seconde veine de météoroïdes rencontrée a été libérée en 1862. Elle ne devrait pas être très dense, et composée de météoroïdes moins massifs que la précédente, à la source de météores plus faibles. La Terre devrait pénétrer au plus profond de ce tore le 12/08/2016, vers 23h30m TU. Crédit : IMCCE/CINES.

1079-Noeuds-Earth2016

La troisième veine de météoroïdes rencontrée a été libérée en 1079. Elle devrait être la plus dense, et donc à la source du sursaut d’activité le plus intense. La Terre devrait pénétrer au plus profond de ce tore le 12/08/2016, vers 04h56m TU. Crédit : IMCCE/CINES.

Qui plus est, cette année pourrait être une année « exceptionnelle », au même titre que 2004 et 2009. En effet, quelques heures avant le maximum principal, la Terre devrait croiser des zones encore plus denses en météoroïdes, associés très précisément au passages au périhélie** de la comète 109P/Swift-tuttle en 1079, 1479 et 1862. Tout devrait ainsi commence dès le 11 août 2016, vers 23h TU (1h du matin, le 12/08, heure locale française). Car nous devrions pénétrer au plus profond des tores libérés par la comète en 1479 et 1862 le 11/08, vers 23h30 TU. Ce qui pourrait engendrer un pic d’activité assez intense, mais dont l’amplitude est encore sujette à discussions. Ces premiers pics pourront donc largement être observés depuis l’Europe, puisque l’horaire est bien plus favorable ! Ils seront suivi, 5h 30m plus tard, par un potentiel deuxième pic secondaire associé au passage au plus profond du tore de particules libérées en 1079, le 12/08, vers 5h TU, donc au moment où le Soleil se lèvera. Ce qui ne sera pas une raison pour ne pas tenter de voir la montée en puissance de ce potentiel deuxième pic d’activité. Et les observateurs radio n’ont aucune excuse pour le manquer…

Position du radiant des Perséides (PER) et son déplacement avec le temps. Crédit : International Meteor Organisation (imo.net)

Position du radiant des Perséides (PER) et son déplacement avec le temps. Crédit : International Meteor Organisation (imo.net)

Quelques petits rappels : le radiant*** des Perséides est, comme son nom l’indique, localisé dans la constellation de Persée, entre cette dernière et Cassiopée. Il est donc très bas sur l’horizon en début de nuit. Mieux vaut donc privilégier les observatiosn en seconde moitié de nuit, sauf dans la nuit du 11 au 12 août, pour laquelle les premiers pics d’activité pourraient se dérouler en milieu de nuit, vers 23h TU. A noter également que la Lune sera, pour les observateurs en visuel, une gêne considérable, car elle sera gibbeuse pendant la période du maximum. Essayez donc de minimiser son impact, en la masquant physiquement avec un obstacle, bâtiment ou relief. Et plus vos cieux seront transparents, moins les effets délétères du phare sélène seront multipliés ! Par contre, tout voile brumeux, ou tout aérosol ne fera qu’amplifier le voile lumineux.

 

*ZHR : nombre de météores théorique qu’un individu peut voir en une heure, dans des conditions parfaites (ciel noir, et radiant au zénith). Le nombre de emétéores réellement observé sera moindre que le ZHR.

**périhélie: passage au plus du Soleil d’un astre, lors de sa révolution autour de notre étoile. C’est lors du passage au périhélie des comètes que les poussières sont libérées en quantité par ces dernières, sous la sublimation de la glace qui les compose.

***radiant : point virtuel de la voûte céleste d’où semblent provenir, par un effet de perspective, tous les météores issus d’une même source.

 

Dernière mise à jour : 22/07/2016, 00h25

Juil 212016
 

Le mois de juillet marque généralement le retour d’une activité météorique forte, et qui va perdurer jusqu’à la fin de l’année.

La fin du mois est notamment marquée par le début d’activité des célèbres Perséides, mais également par celle de multiples pluies dont les radiants sont localisés das les constellations du Verseau, du Capricorne et du Poisson Austral. Pendant longtemps, l’International Meteor Organisation (IMO) comptabilisait pas moins de 6 sources actives dans cette région du ciel de mi-juillet à mi-août. Désormais, même si une telle réduction est une simplification à l’extrême de la situation, l’IMO considère qu’il y a 3 sources majeures qui se distinguent par une activité détectable par rapport aux autres sources, moins intenses.

La plus active d’entre elle est la pluie des delta-Aquarides Sud (SDA) (seule rescapée du lot de 4 pluies : delta-Aquarides Nord et Sud, ainsi que iota-Aquarides Nord et Sud référencée par l’IMO il y a quelques années), active du 12 juillet au 23 août, avec une activité conséquente, puisque le ZHR (Zenithal Hourly Rate) atteint 16 lors de son maximum, prévu aux environs du 30/07 ! De maximas secondaires d’intensité équivalente peuvent cependant être observés autour de cette date, du 26 au 31 juillet. Il est également à noter que les dernières observations radio semblent montrer que la pluie météorique des delta-Aquarides Sud a une forte signature radio (elles sont plus discrètes en visuel).

Positions des radiants des pluies météoriques des alpha-Capricornides (CAP), delta-Aquarides Sud (SDA), Pisces Austrinides (PAU) et de la source antihéliaque (ANT). Crédit : International Meteor Organization (imo.net).

Positions des radiants des pluies météoriques des alpha-Capricornides (CAP), delta-Aquarides Sud (SDA), Pisces Austrinides (PAU) et de la source antihéliaque (ANT). Crédit : International Meteor Organization (imo.net).

Un peu plus haut dans le ciel, mais un peu moins intense en activité (ZHR maximum d’environ 5), la pluie météorique des alpha-Capricornides (CAP) est elle active du 3 juillet au 15 août, avec un maximum prévu à la même date que les delta-Aquarides sud, soit le 30 juillet. Même si les radiants de ces deux sources ne sont pas très éloignés l’un de l’autre sur la voûte céleste, il est intéressant de noter que la vitesse d’entrée atmsophérique des météoroïdes qui les composent sont très différentes. les alpha-Capricornides sont très lentes (V = 23 km/s), tandis que la vitesse d’netrée des météoroïdes composant les météores des delta-Aquarides Sud ont une vitesse quasi double (V = 41 km/s). Ce qui peut être un bon moyen de les distinguer en cas de doute. Les apha-Capricornides semblent avoir été légèrement plus actives en 1984 et 1995 (ZHR ~ 10). Mais rien d’exceptionnel n’a été observé depuis, même si les bolides très lents qui peuvent provenir de cette source sont toujours très spectaculaires et photogéniques.

Enfin, peut-être aurez-vous la chance d’observer quelques météores issus d’une source bien plus basse sur l’horizon. La déclinaison du radiant des Pisces Austrinides n’est en effet que de -30°, et ne monte donc guère au-dessus de l’horizon Sud, même lors de son passage au méridien. Il peut cependant être la source de quelques météores, notamment autour de son maximum d’activité, autour du 28/07, lorsque son ZHR atteint généralement 5. Cependant, très peu de données ont été enregsitrées concernant cette source, et il est possible que son activité soit légèrement surestimée.

Voilà donc de quoi occuper vos nuits en attendant l’arrivée des célèbres Perséides ! Ces dernières sont même déjà observables dès maintenant, mais à des taux bien moindres que ceux qui nous attendent aux alentours du 12 août…

Dernière mise à jour : 21/07/2016, 23h40

Mar 192016
 

Dans quelques jours, deux petites comètes vont passer très très près de la Terre. Quasi-jumelles (elles sont originaires du même noyau cométaires qui se serait scindé il y a quelques centaines d’années), ces deux comètes vont également être la source potentielle de météores ! Une bonne raison de guetter le ciel en cette fin de mois de mars !

252P/LINEAR, d’environ 230 m de diamètre, a été découverte le 7 avril 2000 par le projet LINEAR (Lincoln Near Earth Asteroid Research, du Massachussets Institute of Technology) et va ouvrir le bal, avec un passage à 5.3 millions de kilomètres de notre planète le 21 mars 2016 vers 12h TU. Sa petite taille et sa nature « dormante » (252P/LINEAR est une comète en phase d’extinction) n’en faisait pourtant pas un objet facile d’accès. les prévisions ne donnaient au mieux qu’une magnitude +12 à +13 lors de son survol. C’était cependant oublier la nature imprévisible des comètes : cette dernière, au cours de la dernière semaine, a ainsi vu sa luminosité augmenter considérablement. Elle est actuellement à la limite de la visibilité à l’oeil nu depuis l’hémisphère Sud (mag. ~+6) ! Elle ne sera malheureusement pas visible, puisque sa trajectoire la maintiendra dans l’hémisphère Sud tout le temps de son passage rapproché.

Mise à jour (26/03/2016) : la comète 252P/LINEAR arrive dans le ciel de l’hémisphère Nord et est désormais facilement visible le matin, avant le lever du Soleil, dans la constellation du Scorpion ! Voir l’article de Guillaume Cannat à ce sujet.

Le lendemain, vers 16h50 TU, c’est sa jumelle P/2016 BA, découverte le 22 janvier dernier (et d’abord confondue avec un astéroïde, d’où son matricule provisoire) par le projet PanSTARRS (Hawaï) qui passera encore plus près de la planète bleue, à seulement 3.5 millions de kilomètres ! Soit le troisième passage rapproché le plus proche d’une comète jamais enregistré (les précédentes étaient D/1770 L1 (Lexell) en 1770 et C/1983 (IRAS-Araki-Alcock) en 1983) ! La comète devrait elle être visible depuis l’hémisphère Nord, mais sa forte magnitude (probablement +12 à +13) devrait la tenir loin de portée des instruments des petits amateurs.

Mise à jour (26/03/2016) : la comète P/2016 BA est désormais passée à proximité de la Terre, et son noyau cométaire, de diamètre proche de 1 km, a été observée par la NASA avec le radar Goldstone, donnant cette fantastique vidéo du noyau.

Les deux comètes ayant des orbites très proches, il est fort probable qu’elles soient issues d’un même noyau cométaire, qui se serait fragmenter avant 1850, pour donner naissance à ces deux corps principaux… ainsi qu’à d’autres, plus petits, potentiellement sur leur trajectoires !

Car l’une des surprises que pourraient nous réserver ces deux comètes, c’est qu’elles pourraient être à la source de pluies de météores actives également à la fin du mois !

Ainsi, 252P/LINEAR pourrait être la source de météores les 28 et 29 mars prochain. D’après Peter Jenniskens, Jérémie Vaubaillon et Mikhail Maslov, la Terre devrait alors croiser une zone plus  ou moins denses de météoroïdes libérés par la comète lors de ses passages au périhélie au début du XXème siècle (entre 1894 et 1926). Nous ne devrions pas traverser les zones les plus denses, mais des nuages plus diffus de météoroïdes, dont la densité reste difficile à déterminer, car l’activité de la comète à l’époque est inconnue. Qui plus est, l’activité actuelle peut laisser penser que la densité de météoroïde peut être relativement faible. La position du radiant de cette potentielle pluie de météores serait localisée dans le ciel dans la constellation du Lièvre, aux coordonnées (A.D. = 05h10′ ; Déc. = -16°), avec une vitesse d’entrée atmosphérique très faible (~11 km/s). Ce qui ne facilite pas les observations pour les astronomes de l’hémisphère Nord : le radiant est dès le coucher du Soleil très bas sur l’horizon, et se couche très rapidement. Seules quelques dizaines de minutes d’observations peuvent cependant être tentées aux alentours de 20h TU, mais le nombre de météores risque toutefois d’être très faible. Mais toute information concernant cette source sera précieuse !

La pluie de météores associée à P/2016 BA sera quant à elle plus impossible à observer sous nos latitudes, puisque son radiant devrait être localisé dans la constellation de la Colombe, aux coordonnées (A.D. = 05h 05′ ; Déc. = -39°), avec des vitesse d’entrée atmosphériques proches de 14 km/s. Le maximum est prévu aux environs du 20 mars, vers 20h TU.

 

Pour en savoir plus :

La note de Jürgen Rendtel (IMO) à ce sujet (message envoyé le 25/03/2016 sur la liste de discussion IMO-News) :

« Dear fellow meteor observers,

In the IMO’s Meteor Shower Calendar for 2016, the section for
January to March includes a note (based on theoretical modelling
by Mikhail Maslov) that there might be a weak activity of faint,
very slow meteors (15.5km/s) on March 28–30 from a radiant near
mu Leporis (RA=78,De=−16). The meteoroids are from comet
252P/LINEAR and were ejected in 1915, 1921 and 1926. The ZHR
may just be 5–10 and would be visible in the evening.  The
most probable period is March 28, 11h–18hUT.
(http://feraj.narod.ru/Radiants/Predictions/252p-ids2016eng.html)

In the CBET 4268 of 2016 March 18, Peter Jenniskens and Jeremie
Vaubaillon report their calculations of this possible event.
The Earth may cross a diffuse cloud of perturbed meteoroids ejected
during 1894-1926 is calculated to be in the earth’s path on March
28.00-29.42 UT (peak March 28, 15-16UT). Dust ejected in 1921 is
predicte d to peak around March 28, 12-23UT UT, while dust from
1915 would peak March 28, 18UT. Slow meteors will radiate from
a geocentric radiant at RA=77.0, De=-16.3, velocity V_g=11.1km/s.
(http://www.cbat.eps.harvard.edu/iau/cbet/004200/CBET004268.txt/)

The radiant position in Lepus allows observations only in the
evening. Southern and tropical latitudes are located best, but
there is a short window even from mid-northern latitudes. Both
predictions hint at low rates only, so it may well be that
intervals yield a zero. Nevertheless, please report your data
via the report form http://www.imo.net/visual/report/electronic

Good luck and clear skies
Juergen Rendtel »

 

Dernière mise à jour : 28/03/2016, 10h30

Jan 022016
 

Période d’activité : 28 décembre – 12 janvier
Maximum : 4 janvier, 08h 00 TU (l = 286.18°), mais peut-être un peu plus tôt (voir ci-dessous)
ZHR = 120 (peut varier entre 60 et 200)
Radiant : A.D. = 230° ; Déc. = +49°
Dérive du radiant : voir pièce jointe
V = 41 km/s
r = 2.1 lors du maximum, mais variable

Dérive du radiant des Quadrantides, d'après l'IMO (www.imo.net).

Dérive du radiant des Quadrantides, d’après l’IMO (www.imo.net).

Le maximum des Quadrantides, prévu le 4 janvier, pourra être observé dans des conditions favorables, car le Dernier Quartier de Lune aura lieu le 2 janvier. Pour beaucoup de site d’observation de l’hémisphère Nord, le radiant de la pluie météorique (au Nord de la constellation du Bouvier) est circumpolaire. Il atteint généralement une hauteur utile vers minuit (heure locale) et les conditions d’observation s’améliorent ensuite au fur et à mesure qu’il s’élève jusqu’au crépuscule. Le pic, prévu à 8h TU, sera trop tardif pour être observé depuis les régions les plus occidentales de l’Europe, tandis que les observateurs d’Amérique du Nord seront plus favorisés. La longitude solaire du maximum (l = 283.16°) est calculée à partir de l’analyse des courbes d’activité les plus fiables issues de la base de données collectées par l’IMO depuis 1992. Elle a été confirmée par les observations radio menée à partir de 1996. La plupart du temps, le pic est très court ; il peut donc être facilement manqué à cause de quelques heures de mauvais temps, ce qui peut expliquer pourquoi les niveaux d’activité semblent fluctuer d’une année à l’autre. Les résultats des calculs à partir des modèles de Jérémie Vaubaillon donnent quant à eux un pic un peu plus tôt, entre le 3 janvier, 22h TU et le 4, 2h TU. Un horaire qui favoriserait lui les observateurs aux longitudes européennes. Le niveau de complexité est en réalité encore supérieur, car la répartition massique des particules issues de la comètes 96P/Machholz et la petite planète 2003 EH1 dans le tore de météoroïdes induit qu’un premier maxima composé de météores peu lumineux (observables en radio ou au télescope) pourrait avoir lieu jusqu’à 14 h avant le maximum principal (observable à l’œil nu et en photo/vidéo). C’est pourquoi tous les observateurs devraient rester sur le qui-vive pendant toute la période. Un autre pic semble avoir été observé en radio à plusieurs reprises ces quinze dernière années, 9 à 12 heures après le maximum principal. Une confirmation visuelle de ce maximum serait également la bienvenue. L’activité des Quadrantides est généralement faible un jour avant et après le maximum, et les observations pensées laissent à penser que le radiant est alors très diffus (ce qui peut également être lié à la faible activité), et il se contracte sensiblement pendant le pic. La photographie et la vidéo peuvent apporter des informations importantes à ce sujet. La Nouvelle Lune du 10 janvier laisse également du temps pour essayer de collecter des données à la fin de la période d’activité de la pluie météorique, qui n’a pour l’instant jamais été réellement étudiée.

Nov 032015
 

Le courant météorique des Taurides se subdivise en deux pluies météoriques distinctes : les Taurides Nord (NTA) et Sud (STA), séparées sur la voûte céleste de 6° en déclinaison. Ces deux sources sont assciées à la comète à très courte période 2P/Encke, ainsi qu’à tous les objets du même type (comme l’astéroïde 2004 TG10, ou toutes les particules constituant la lumière zodiacale),  issus de la probable fragmentation d’une gigantesque comète il y a 20 000 à 30 000 ans. Or, les météoroïdes issus de ces sources ont des orbites qui les amènent relativement près de l’orbite de Jupiter. La géante gazeuse perturbe donc énormément leur trajectoire. Notamment en créant des zones de résonance, dans lesquelles les particules sont piégées, et ne peuvent que difficilement s’échapper. En résultent des zones de l’espace où la densité en météoroïdes est plus importante que la moyenne ; c’est une telle zone que nous devrions traverser en 2015 : la terre devrait pénétrer dans les poussières issues de la comète 2P/Encke qui sont entrées en résonance 7:2 avec Jupiter. C’est-à-dire qu’elles parcourent 7 fois leur orbite quand Jupiter en fait deux.

Carte de position des radiants des taurides Nord (NTA) et Sud (STA). Crédit IMO, www.imo.net.

Carte de position des radiants des Taurides Nord (NTA) et Sud (STA). Crédit IMO, www.imo.net.

Un tel phénomène a déjà été observé en 1988, 1995, 1998 et 2005. les prévisions laissent penser (et les observations actuelles tendent à le confirmer) que 2015 pourrait être la prochaine année sur la liste. lors de tels retours, les ZHR (en temps normal de 5) peuvent grimper à 10, voire 15 pour chacune des branches du complexe des Taurides : en résulte une jolie activité, qui est généralement marquée par la fréquente apparition de bolides tels que certains ont pu être observés ces derniers jours ! Ce phénomène dure génralement une dizaine de jours, de la fin octobre à mi-novembre. Nous sommes donc en plein dedans ! Et comme le radiant des taurides est levé toute la nuit, des Taurides peuvent apparaître dans le ciel à tout moment, même si elles seront plus nombreuses lorsque le radiant passe au méridien, en milieu de nuit.

Et peut-être avoir la chance d’assiter à ça : ce bolide une Tauride, a été observé et filmé depuis l’Allemagne et la Pologne le 31 octobre 2015, à 18h05 TU : http://imo.net/node/1645 et (en polonais) : http://www.pkim.org/?q=pl/bolid_31_pazdziernika_2015_nad_pomorzem
Ce qui donne, en images et en vidéos :

Bonnes observations et bons ciels à tous !

Juil 262015
 

Vous l’attendiez tous, il est enfin paru ! Le Calendrier 2016 des pluies de météores rédigé et publié tous les ans par l’International Meteor Organization (IMO, www.imo.net) est en ligne (au format *.pdf, la version HTML étant en cours de mise en page) ! Le calendrier est actuellement disponible en anglais, en allemand et en néerlandais, mais une version française devrait voir le jour d’ici la fin de l’année. En attendant, n’hésitez pas à télécharger la version dans la langue de votre choix, et si vous avez des questions, posez-les nous !

Juil 152015
 

Le 17 juillet est une date qui n’évoque pas forcément grand chose dans l’esprit des astronomes amateurs… Et pourtant ! C’est la date « officielle » (fixée par l’International Meteor Organization (IMO, www.imo.net)) du début de la période d’activité des célèbres Perséides (PER) ! Ces dernières également désignées sous le nom de « larmes de Saint-Laurent » (la Saint-Laurent a lieu le 10 août, donc aux environs du maximum d’activité de la pluie de météores) ont été largement popularisées par les fameuses « Nuits des Etoiles » et le retour, au début des années 1990, par le retour au périhélie de la comète à l’origine des Perséides, 109P/Swift-Tuttle. Car en décembre 1992, cette dernière est venue rendre visite à notre étoile et donc à notre petite planète, événement qui n’a lieu que tous les 133 ans environ (le prochain est prévu en juillet 2126). Ce retour dans le voisinage du Soleil a ainsi été associé, pendant une vingtaine d’années (de 1988 à 2007), à l’apparition d’un maximum d’activité supplémentaire dont l’activité a dépassé des ZHR* de 200 entre 1991 et 1994 ! De quoi garder les curieux en éveil au cours des chaudes nuits d’été !

Depuis, la pluie météorique des Perséides est retombée à des taux d’activité plus classiques, mais cependant assez forts (au cours de son histoire récente, il semble que le ZHR, hors sursaut, ait varié de 30 à 150), puisque le ZHR lors du pic principal est d’environ 100. Ce qui classe donc les Perséides dans les trois pluies d’étoiles filantes régulières les plus actives de l’année (après les Géminides (ZHR = 120, en décembre) et les Quadrantides (ZHR entre 80 et 150, en janvier)).

L’activité des Perséides débute donc officiellement cette nuit. De toutes les pluies de météores, les Perséides font partie de celles qui ont la plus longue période d’activité : cette dernière s’étale du 17 juillet au 24 août, soit presque 40 jours (ou nuits, tout dépend du point de vue) ! Une telle période d’activité témoigne de la très grande ancienneté de cette pluie dont les premières observations remontent à l’an 36, où elle fut mentionnée dans des écrits chinois. Car elle implique une très grande dispersion des météoroïdes*** libérés du noyau cométaire de 109P/Swift-Tuttle. Dispersion qui n’est possible que si l’on imagine que les poussières rencontrées peuvent avoir été éjectées il y a plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’années avant de pénétrer dans l’atmopshère terrestre ! L’avantage de cet âge avancé des Perséides, c’est que le maximum est également très étalé dans le temps. Si pour des sursauts d’activité très intenses associés à des poussières fraichement éjectées d’une comète, le pic ne dure parfois que quelques dizaines de minutes, pour les Perséides, la nuit du maximum principal est entouré de plusieurs nuits (avant et après le pic) pendant lesquelles les ZHRs dépassent largement 50 !

Cette année, le maximum d’activité des Perséides est prévu le 13 août, entre 06h30 et 09h00 TU. Ce qui est très favorable aux observateurs européens (ou québécois) ! En effet, le radiant* des Perséides est localisé, comme son nom l’indique, dans la constellation de Persée. Et un rapide coup d’oeil à une carte du ciel confirmeront vos doutes naissants : en début de nuit, le radiant est très bas sur l’horizon… Contrairement à une idée reçue (ou plutôt, à une facilité d’observation, car il est plus facile d’observer après un barbecue sur la plage que de se réveiller à 3h du matin, même en vacances), les Perséides sont bien plus nombreuses dans le ciel en fin de nuit, puisqu’à activité égale, le nombre de Perséides réellement observé est quatre fois plus important en fin de nuit qu’en début de soirée. Les Perséides sont donc une pluie de météores de lève-tôt. Et qui devrait révéler toute leur splendeur à ceux qui seront éveillés en fin de nuit du 12 au 13 août, puisque le maximum est prévu en début de matinée, donc quelques heures seulement après que le radiant soit au zénith sous nos latitudes. Les quelques heures avant le crépuscule nautique devrait donc délivrer leur lot d’étoiles filantes… et de voeux !

Carte de position du radiant des Perséides et sa dérive sur la voûte céleste. Crédits : IMO

Carte de position du radiant des Perséides et sa dérive sur la voûte céleste. Crédits : IMO

Pour couronner le tout, cette année, un deuxième phénomène pourrait augmenter avec des proportions plus ou moins importantes l’activité des Perséides. D’après les prévisions de Jérémie Vaubaillon et de l’IMCCE/CINES, le 12 août, vers 18h39 TU, la Terre devrait passer à proximité d’un tore de météoroïdes libérés de la comète Swift-Tuttle en 1862. Ce qui pourrait faire augmenter l’activité observable des Perséides dans des proportions inconnues (cet événement peut passer complètement inaperçu, comme il peut également être faiblement ou largement perceptible). A cet horaire, il fera jour au-dessus de l’Europe, mais la nuit sera en passe de tomber. Il sera alors temps, même si les conditions d’observations ne seront pas parfaites (radiant bas sur l’horizon) de lever les yeux vers le ciel, au cas où… Dans tous les cas, même si l’activité n’augmente pas significativement, quelques jolis météores devraient régaler les observateurs !

Carte de la position théorique des météoroïdes issus de la comète 109P/Swift-Tuttle par rapport à la Terre en 2015. On voit que notre planète va passer à proximité d'une zone légèrement plus dense en particules, sans réellement la pénétrer, ce ui peut donner naissance à une augmentation d'activité le 12 août, vers 18h39 TU. Crédits : IMCCE/CINES.

Carte de la position théorique des météoroïdes issus de la comète 109P/Swift-Tuttle par rapport à la Terre en 2015. On voit que notre planète va passer à proximité d’une zone légèrement plus dense en particules, sans réellement la pénétrer, ce ui peut donner naissance à une augmentation d’activité le 12 août, vers 18h39 TU. Crédits : IMCCE/CINES.

Il reste donc quelques semaines avant que le pic d’activité ne soit observable. Cependant, les personnes les plus motivées peuvent dès à présent commencer à surveiller les Perséides ! Même si actuellement, leur nombre est très faible (le nombre observable par heure se comptera sur les doigts d’une main jusqu’à début août), c’est une expérience très intéressante pour se rendre compte de l’évolution avec le temps de l’intensité de la pluie de météores, et appréhender réellement les variations de densité du nuage de météoroïdes traversé. D’autant que la courbe n’est pas symétrique ! Si la montée en puissance des Perséides est longue et impressionnante (30 jours), la chute elle, est extrêmement rapide (10 jours) !

Si vous avez des questions à ce sujet, n’hésitez pas ! Il reste 30 jours pour y répondre avant le pic…

Bons ciels et bonnes observations à tous !

 

Lexique

* ZHR : Zenithal Hourly Rate, soit le nombre de météores issus d’une même source (ici les Perséides) qu’un observateur peut voir en une heure sous des conditions idéales : radiant au zénith et ciel noir (magnitude limite de +6.5). Le nombre de météores effectivement observé est très généralement moindre.

** Radiant : zone du ciel d’où, par effet de perspective, tous les météores issus d’une même source semblent provenir. Le nom du radiant est généralement associé au nom de la constellation dans laquelle il est localisé. Le radiant des Perséides est ainsi localisé dans la constellation de Persée, à côté du célèbre W de Cassiopée.

*** Météoroïde : petite particules métallique ou rocheuse de quelques micromètres à quelques centimètres de diamètre qui voyage dans l’espace interplanétaire. S’il est amené à pénétrer dans l’atmosphère terrestre, il donnera naissance à un phénomène lumineux : le météore. Et si son volume et sa consistance sont relativement importants, il peut en subsister des parties qui peuvent atteindre le sol : les météorites.

Avr 212015
 

Cette année, rien d’exceptionnel n’est a priori prévu pour les Lyrides, dont le maximum d’activité est prévu le 23 avril, à 0h TU. Le ZHR* (Zenithal Hourly Rate) est généralement compris entre 15 et 25, ce qui en fait cependant une jolie petite pluie de météores à observer, surtout que la Lune est quasi-Nouvelle, et que nous n’avons pas eu grand chose à nous mettre sous la dent ces dernières semaines, si ce n’est quelques beaux bolides !
Cependant, d’après les modélisations d’Esko Lyytinen (voir le calendrier de pluies d’étoiles filantes 2015 de l’IMO) , il est possible qu’en 2016 et 2017, la Terre passe à proximité des météoroïdes libérés de la suface de la comète longue période C/1861 G1 Thatcher (à l’origine de la pluie de météores) et ayant effectué une révolution autour du Soleil. Et il est donc que les taux horaires augmentent plus ou moins ces années-là. Mais, me direz-vous, nous sommes cette année en 2015, donc en quoi cetter nouvelle peut-elle nous concerner ? Simplement parce que si les météoroïdes ayant effectué une seule révolution ne passeront pas à côté de la Terre cette année, il est possible que ceux relâchés par la comète auparavant, qui ont effectué plusieurs révolutions autour de la Terre, et pour lesquels la modélisation est bien plus incertaine, passent à proximité de notre planète. Et donc que les taux horaires soient également légèrement supérieurs à la moyenne cette année.
Le site Spaceweather (www.spaceweather.com) semble faire état de quelques Lyrides très lumineuses qui auraient déjà été observées. Cette information est à prendre avec des pincettes, car des Lyrides brillantes peuvent être observées à tout moment, et ne peuvent en rien laisser théoriser sur ce qui va se passer dans les heures et journées à venir. Mais on ne sait jamais…
Gardez donc l’oeil ouvert !

Position du radiant des Lyrides, d'après l'International Meteor Organization (www.imo.net)

Position du radiant des Lyrides, d’après l’International Meteor Organization (www.imo.net)

Comme le nom de la pluie de météores l’indique, le radiant** des Lyrides est localisé dans la constellation de la Lyre, entre cette dernière et Hercule. Il se lève vers 19 h TU, mais n’atteint une élévation utile qu’à partir de 22h TU (minuit heure locale) et n’est réellement bien placé qu’en fin de nuit, lorsqu’il culmine quasiment au zénith. Mieux vaut donc réserver quelques heures d’observations des Lyrides en deuxième moitié de nuit, lorsque plus d’une dizaine de Lyrides par heure devraient être observables. Les Lyrides sont associées à la comète longue période C/1861 G1 Thatcher et leur vitesse d’entrée atmosphérique est de 49 km/s, ce qui en font des météores relativement véloces, surtout s’ils sont observés haut dans le ciel et éloigné du radiant. Pour optimiser votre collecte de Lyrides, habillez-vous chaudement, allongez-vous dans une chaise longue en dirigeant votre regards en direction de la tête du Serpent ou de la Couronne boréale. Quelques flèches lumineuses devraient alors traverser votre champ de vision toutes les 5 à 10 minutes. Si leur trajectoire les amène à proximité du radiant, c’est que c’était une Lyrides !

Bons ciels à tous!

Glossaire :

* ZHR : nombre de météores associés à une pluie de météores donnée qu’observerait un individu dans des conditions idéales : radiant au zénith, et ciel de magnitude limite +6.5 (sans pollution lumineuse, ni couverture nuageuse, ou présence de Lune).

** radiant : zone de la voûte céleste d’où semble provenir, par effet de perspective, tous les météores issu d’une même pluie. Le nom de la pluie est généralement associée à la position du radiant dans le ciel.