Déc 212017
 
Vendredi 22 décembre, en milieu de journée (vers 15h TU, d’après l’International Meteor Organization) est prévu le maximum d’activité de la pluie météorique des Ursides (URS). Ce n’est pas la pluie météorique la plus active de l’année, et elle est même 10-15 fois moins actives que les pluies principales (Géminides, Perséides, Quadrantides), mais son ZHR maximum est d’environ 10, ce qui en fait une source tout de même intéressante à observer, puisque 5 à 7 Ursides sont observables par heure sous nos latitudes, en fin de nuit.
Le radiant des Ursides est localisé, comme son nom l’indique, dans la constellation de la Petite Ourse, à proximité de l’étoile Kochab (bêta UMi). Il est donc circumpolaire, mais il est plus bas sur l’horizon en première moitié de nuit, et il vaut mieux l’observer pendant les heures précédents l’aube pour profiter pleinement de l’activité de la pluie. Et il est donc détectable 24h/24, 7j/7, pour ceux qui utilisent des méthodes radio pour enregistrer les météores !
Position et dérive du radiant des Ursides au cours du temps. Crédit : IMO

Position et dérive du radiant des Ursides au cours du temps. Crédit : IMO

Il est intéressant de noter que les Ursides font partie de ces pluies météoriques dont l’activité peut être la source de sursauts d’amplitude variables. Ainsi, certains d’entre eux ont été très importants (ce fut le cas en 1945 et 1986). D’autres ont fait monter le ZHR à 15-20, comme ce fut le cas plus récemment (2006 & 2008), et certaines augmentations d’activité (2014 et 2015) n’avaient pas été spécialement prévues…
Cette année, d’après les modélisations de l’IMCCE, Jérémie Vaubaillon prévoit que la Terre passera à proximité d’un nuage de météoroïdes libérés de la surface de la comète 8P/Tuttle en l’an 884 aux environs du 22 décembre, 14 h 43 min TU, ce qui correspond peu ou prou à l’horaire du maximum principal. Il est donc possible que l’activité des Ursides soit légèrement supérieure à la moyenne, mais ce ne sera détectable de chez nous qu’en radio, car il fera jour… Les observateurs visuels devront eux se contenter d’observer avant et après le maximum, en fin de nuits du 21-22 et 22-23/12.
Avec une vitesse d’entrée de 33 km/s, les Ursides auront des vitesses apparentes semblables aux Géminides, dont l’activité touche à sa fin. Elles peuvent être observées partout dans le ciel, mais seront toutefois plus nombreuses si vous centrez votre champ de vision vers la constellation des Chiens de Chasse, ou la tête de la Grande Ourse, en deuxième moitié de nuit.
Bons ciels !
Oct 202017
 

La nuit prochaine, levez-vous un peu plus tôt que prévu, et levez vos yeux vers le ciel. Attendez quelques minutes ? Vous l’avez vue ? Non ? Alors attendez un peu : avec 15 à 20 étoiles filantes par heure, vous devriez rapidement observer une Orionide, c’est-à-dire une étoile filante associée à la célèbre comète de Halley !

Le noyau de la comète de Halley, d’où sont libérées les météoroïdes qui vont donner naissance aux Orionides et aux êta-Aquarides (en mai). Credit: Halley Multicolor Camera Team, Giotto Project, ESA

 

La comète 1P/Halley, lors de son dernier passage, en 1986, photographié depuis l’île de Pâques par W. Liller, le 8 mars 1986. La queue bleue est composée de gaz ionisés, la queue plus blanche est constituée de particules rocheuses qui peuvent donner naissance à des météores si la Terre est amenée à les rencontrer. Credit : W. Liller

La comète de Halley est une grosse patate de cailloux et de glaces, qui revient à proximité de la Terre et du Soleil tous les 76 ans environ. Et à chacun de ses passages, la glace à la surface du noyau cométaire se sublime (elle passe directement de l’état solide à l’état gazeux), entrainant avec elle des petites particules rocheuses qui vont se promener dans l’espace interplanétaire… Or, deux fois par an, notre planète traverse le nuage de poussières libérées du noyau de cette célèbre comète, donnant naissance à deux pluies météoriques distinctes : les êta-Aquarides en mai (plus facilement observables depuis l’hémisphère Sud) et les Orionides (en octobre).

Les Orionides en 2006, photographiées par Tunc Tezel, qui mettent en évidence le phénomène de radiant. Credit & Copyright: Tunc Tezel

C’est cette dernière dont le maximum d’activité devrait avoir lieu lors des prochaines nuits (du 20 au 21 et du 21 au 22 octobre) : en fin de nuit, 15 à 20 Orionides devraient ainsi être observables par heure ! Ces étoiles filantes (synonyme de météores), par un effet de perspective (le même qui donne l’impression que des flocons de neige/gouttes d’eau semblent venir d’un même point lorsqu’on roule rapidement dessous en voiture), semblent provenir d’une même zone de la voûte céleste, dans la constellation d’Orion, d’où leur nom. Orion étant mieux placée en fin de nuit, il vaut donc mieux observer les Orionides dans les heures avant le lever du Soleil.

La position du radiant des Orionides et les constellations environnantes. Credit : Stellarium

Les Orionides peuvent apparaître n’importe où dans le ciel, mais vous optimiserez vos observations en dirigeant votre regard vers à l’Est des étoiles Castor et Pollux dans les Gémeaux, ou dans la direction de la constellation du Bélier, et en restant le plus concentré possible sur le ciel. Les Orionides sont des étoiles filantes très rapides (les poussières rentrent dans l’atmosphère à une vitesse de 66km/s) : vous devriez alors observer ces météores rapides, avec une fréquence d’un météore toutes les 3-4 minutes !