Déc 132017
 
Les Géminides 2015, photographiées par Steed Yu depuis l'observatoire de Xinglong, en Chine

Les Géminides 2015, photographiées par Steed Yu depuis l’observatoire de Xinglong, en Chine. Crédit NightChina.net, Steed Yu

Les Géminides, associées à l’astéroïde (ou comète rocheuse, ou comète éteinte, on ne sait pas encore trop) (3200) Phaéthon sont actives depuis plus d’une semaine maintenant ! Les observateurs radio, vidéo et visuels ont dû s’en rendre compte, car leur nombre n’a cessé de croître au cours des dernières nuits.
Coïncidence amusante, cette année, le 17 décembre, (3200) Phaéthon va effectuer son passage le plus proche de notre planète depuis sa découverte en octobre 1983 : il passera ainsi à 10.3 millions de kilomètres à cette date-là. Trop éloigné, donc, pour que des particules en train de s’échapper de sa surface puissent nous atteindre, et donc pas de sursauts d’activités attendus. Mais une étude très récente de Juergen Rendtel et Galina Ryabovaexplique l’augmentation continue d’activité de cette source depuis 1985. Et le phénomène ne devrait pas s’arrêter !
Cette année, le ciel est très favorable pour l’observation visuelle des Géminides, puisque la Lune sera absente du ciel, laissant un ciel bien noir aux observateurs qui auront réussi à s’éloigner des lumières artificielles. Ainsi, l’observation pourra être faite en toute quiétude, et surtout, elle sera optimisée ! Au plus fort de l’activité apparente (lorsque le radiant, localisé très près de l’étoile Castor, dans les Gémeaux), donc vers 2-3 h du matin, 70 à 80 Géminides devraient être observables par heure.
Cette année, le maximum est prévu le 14 décembre, vers 06h 30m TU, donc la nuit prochaine sera la plus active ! Et vus les niveaux d’activité enregistrés les années passées, ce sera peut-être même la plus active de l’année !
L’International Meteor Organization a consacré une page à l’observation des Géminides : https://www.imo.net/viewing-the-geminid-meteor-shower-in-2017/
Bons ciels !
Août 102017
 

Si vous vous levez demain matin (11/08) avant le lever du Soleil, vous devriez, malgré la Lune, apercevoir quelques étoiles filantes traverser rapidement le ciel nocturne. C’est normal, le maximum d’activité des Perséides est prévu dans une cinquantaine d’heures !

Les Perséides 2017 photographiées par Tunç Tezel depuis la Turquie. Crédit : Tunç Tezel, TWAN

Tous les ans, à la même période (aux alentours du 12 août), de nombreuses personnes partent à la chasse aux étoiles filantes (également appelés météores). Car ces dernières sont effectivement plus nombreuses ces nuits-là. La raison ? Notre planète, la Terre, traverse alors une zone plus dense en poussières (également appelés météoroïdes) de l’espace. Ces poussières se sont échappées depuis plusieurs centaines, voire milliers d’années du noyau d’une comète, 109P/Swift-Tuttle, qui revient à proximité du Soleil, et donc de la Terre, tous les 133 ans environ. Car le noyau d’une comète est composé de poussières et de glaces. En se rapprochant du Soleil, la glace de la surface se sublime (passe directement de l’état solide à l’état gazeux), emportant avec elle les particules rocheuses inclues dedans. Conséquence : l’orbite de la comète est entourée d’un nuage de météoroïdes qui ont été libérés depuis plus ou moins longtemps, et donc plus ou moins dispersés. Son dernier passage eut lieu en décembre 1992, et les années qui précédèrent et suivirent ce retour furent la source d’une recrudescence d’activité.

Depuis, l’activité semble s’être stabilisée, et le nombre théorique de Perséides observables actuellement par heure lors du maximum est d’environ 100. Le nombre de météores réellement observé est moindre (sauf si vous avez un ciel parfait !). Par exemple, cette année, la Lune étant présente dans le ciel, vous devriez observer 20 à 30 Perséides par heure, en fin de nuit, même si le ZHR* est de 100, en fin de nuit du 11 au 12, puis du 12 au 13 août.

Le maximum est en effet prévu cet année  entre le 12 août, 14h TU et le 13 août, 02h30 TU. Les meilleures périodes pour observer les Perséides sont donc la fin de nuit du 11 au 12 août, et toute la nuit du 12 au 13 août (en début de nuit, le radiant sera bas dans le ciel, mais la Lune absente ; en fin de nuit, le radiant** sera plus haut, mais la Lune sera présente, donc en fonction de vos disponibilités et conditions d’observation, vous pouvez choisir votre période d’observation).

La position du radiant des Perséides (PER) et son déplacement au cours du temps. Crédit : IMO

Pour cela, quelques conseils indispensables pour que vos observations se déroulent bien !

  • Couvrez-vous chaudement ! Même si nous sommes en été, les nuits sont fraîches, et vous allez rester allongés, sans trop bouger. Donc si vous ne voulez pas écourter votre session d’observation pour cause d’hypothermie, couvrez-vous chaudement, d’autant plus que les températures prévues pour les nuits à venir sont relativement fraîches.
  • Allongez-vous ! Chaise-longue, tapis de sol sont les bienvenus ! Sinon, c’est torticolis assuré, et une session d’observation écourtée…
  • Observez en deuxième moitié de nuit : le radiant (le point du ciel, d’où, par un effet de perspective, les Perséides semblent toutes provenir) des Perséides est dans Persée (d’où leur nom). Or, la constellation de Persée est très basse dans le ciel en début de nuit. Conséquence : leur nombre observable sera faible. Par contre, en fin de nuit, Persée sera bien plus haute dans le ciel, et le nombre de météores observés sera donc bien plus important !
  • Concentrez-vous ! Vous verrez bien moins de météores si vous ne gardez pas toute votre attention concentrée vers le ciel. Surtout pour les météores les moins lumineux.
  • Essayez d’observer sous des cieux les plus purs possibles : la Lune sera présente, et éclairera le ciel. Tout voile de brume, nuages, humidité ou aérosols augmentera considérablement ses effets. Plus votre ciel sera pur, moins l’effet de la Lune se fera sentir, et plus vous verrez d’étoiles filantes.
  • Masquez la Lune (avec un relief, un paravent, un parasol, ou une casquette) : cette dernière est très brillante, et fatiguante à la longue. Surtout, ne la gardez pas dans votre champs de vision, mais regardez plut^to dans la direction opposée, là où le ciel est plus noir !

N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions à ce sujet !

Bonne chasse aux vœux !

 

Notes

*ZHR : Zenithal Hourly Rate, c’est-à-dire le nombre théorique maximum observable de météores d’une source météorique donnée dans des conditions d’observation parfaites (radiant au zénith et ciel bien noir). Le nombre de météores réellement observé est généralement moindre.

**radiant : zone de la voûte céleste d’où semblent provenir, par un effet de perspective, les météores d’une même pluie météorique. En pratique, il ne faut jamais observer directement le radiant, car les météores peuvent apparaître partout dans le ciel. Pour optimiser sa chasse aux Perséides, il faut observer à une distance de 20-40° du radiant, à 60-80° de hauteur, et ne surtout pas avoir la Lune dans son champs d’observation !

Août 122015
 
Carte de la position théorique des météoroïdes issus de la comète 109P/Swift-Tuttle par rapport à la Terre en 2015. On voit que notre planète va passer à proximité d'une zone légèrement plus dense en particules, sans réellement la pénétrer, ce ui peut donner naissance à une augmentation d'activité le 12 août, vers 18h39 TU. Crédits : IMCCE/CINES.

Petit rappel pour les étourdis : le(s) maximum(s) d’activité des Perséides auront lieu aujourd’hui et demain !
Donc c’est cette nuit que l’activité des Perséides devrait être la plus forte. Ainsi, en fin de nuit prochaine (du 12 au 13 août), de 50 à 100 météores pourront être observés par heure (en fonction des conditions du ciel (pollution lumineuse, brume, couverture nuageuse) et de l’acuité visuelle, de la concentration et de l’expérience de l’observateur) !
Petit rappel des horaires des différents maximums.
Le maximum « classique », observé tous les ans, est prévu demain matin (13/08), entre 06h30 et 09h00 TU (d’après l’IMO). ce qui est très bien pour les observateurs européens, car cela signifie que l’activité sera forte en fin de nuit du 12 au 13 août, lorsque le radiant sera haut dans le ciel !
Le maximum « surprise » est prévu plus tôt, le 12/08, vers 18h39 TU (prévisions Jérémie Vaubaillon, IMCCE). Ce pic secondaire potentiel sera associé aux météoroïdes libérés par la comète 109P/Swift-Tuttle lors de son périhélie de 1862. Comme nous ne pénètrerons pas très profondément dans le « dust trail », on ne sait pas trop à quelle activité s’attendre (un petit pic ou rien du tout). Le passage se fait alors qu’il fera jour, mais il y aura peut-être un peu d’activité résiduelle en début de nuit. Mais le radiant sera alors très bas sur l’horizon, et cela restera dur à détecter… Mais qui ne tente rien n’a rien !

Bonne chance à tous !

Pour ceux qui veulent avoir un peu plus de détails sur les Perséides 2015, n’hésitez pas à aller visiter l’autre page à ce sujet ici.

Juil 152015
 

Le 17 juillet est une date qui n’évoque pas forcément grand chose dans l’esprit des astronomes amateurs… Et pourtant ! C’est la date « officielle » (fixée par l’International Meteor Organization (IMO, www.imo.net)) du début de la période d’activité des célèbres Perséides (PER) ! Ces dernières également désignées sous le nom de « larmes de Saint-Laurent » (la Saint-Laurent a lieu le 10 août, donc aux environs du maximum d’activité de la pluie de météores) ont été largement popularisées par les fameuses « Nuits des Etoiles » et le retour, au début des années 1990, par le retour au périhélie de la comète à l’origine des Perséides, 109P/Swift-Tuttle. Car en décembre 1992, cette dernière est venue rendre visite à notre étoile et donc à notre petite planète, événement qui n’a lieu que tous les 133 ans environ (le prochain est prévu en juillet 2126). Ce retour dans le voisinage du Soleil a ainsi été associé, pendant une vingtaine d’années (de 1988 à 2007), à l’apparition d’un maximum d’activité supplémentaire dont l’activité a dépassé des ZHR* de 200 entre 1991 et 1994 ! De quoi garder les curieux en éveil au cours des chaudes nuits d’été !

Depuis, la pluie météorique des Perséides est retombée à des taux d’activité plus classiques, mais cependant assez forts (au cours de son histoire récente, il semble que le ZHR, hors sursaut, ait varié de 30 à 150), puisque le ZHR lors du pic principal est d’environ 100. Ce qui classe donc les Perséides dans les trois pluies d’étoiles filantes régulières les plus actives de l’année (après les Géminides (ZHR = 120, en décembre) et les Quadrantides (ZHR entre 80 et 150, en janvier)).

L’activité des Perséides débute donc officiellement cette nuit. De toutes les pluies de météores, les Perséides font partie de celles qui ont la plus longue période d’activité : cette dernière s’étale du 17 juillet au 24 août, soit presque 40 jours (ou nuits, tout dépend du point de vue) ! Une telle période d’activité témoigne de la très grande ancienneté de cette pluie dont les premières observations remontent à l’an 36, où elle fut mentionnée dans des écrits chinois. Car elle implique une très grande dispersion des météoroïdes*** libérés du noyau cométaire de 109P/Swift-Tuttle. Dispersion qui n’est possible que si l’on imagine que les poussières rencontrées peuvent avoir été éjectées il y a plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’années avant de pénétrer dans l’atmopshère terrestre ! L’avantage de cet âge avancé des Perséides, c’est que le maximum est également très étalé dans le temps. Si pour des sursauts d’activité très intenses associés à des poussières fraichement éjectées d’une comète, le pic ne dure parfois que quelques dizaines de minutes, pour les Perséides, la nuit du maximum principal est entouré de plusieurs nuits (avant et après le pic) pendant lesquelles les ZHRs dépassent largement 50 !

Cette année, le maximum d’activité des Perséides est prévu le 13 août, entre 06h30 et 09h00 TU. Ce qui est très favorable aux observateurs européens (ou québécois) ! En effet, le radiant* des Perséides est localisé, comme son nom l’indique, dans la constellation de Persée. Et un rapide coup d’oeil à une carte du ciel confirmeront vos doutes naissants : en début de nuit, le radiant est très bas sur l’horizon… Contrairement à une idée reçue (ou plutôt, à une facilité d’observation, car il est plus facile d’observer après un barbecue sur la plage que de se réveiller à 3h du matin, même en vacances), les Perséides sont bien plus nombreuses dans le ciel en fin de nuit, puisqu’à activité égale, le nombre de Perséides réellement observé est quatre fois plus important en fin de nuit qu’en début de soirée. Les Perséides sont donc une pluie de météores de lève-tôt. Et qui devrait révéler toute leur splendeur à ceux qui seront éveillés en fin de nuit du 12 au 13 août, puisque le maximum est prévu en début de matinée, donc quelques heures seulement après que le radiant soit au zénith sous nos latitudes. Les quelques heures avant le crépuscule nautique devrait donc délivrer leur lot d’étoiles filantes… et de voeux !

Carte de position du radiant des Perséides et sa dérive sur la voûte céleste. Crédits : IMO

Carte de position du radiant des Perséides et sa dérive sur la voûte céleste. Crédits : IMO

Pour couronner le tout, cette année, un deuxième phénomène pourrait augmenter avec des proportions plus ou moins importantes l’activité des Perséides. D’après les prévisions de Jérémie Vaubaillon et de l’IMCCE/CINES, le 12 août, vers 18h39 TU, la Terre devrait passer à proximité d’un tore de météoroïdes libérés de la comète Swift-Tuttle en 1862. Ce qui pourrait faire augmenter l’activité observable des Perséides dans des proportions inconnues (cet événement peut passer complètement inaperçu, comme il peut également être faiblement ou largement perceptible). A cet horaire, il fera jour au-dessus de l’Europe, mais la nuit sera en passe de tomber. Il sera alors temps, même si les conditions d’observations ne seront pas parfaites (radiant bas sur l’horizon) de lever les yeux vers le ciel, au cas où… Dans tous les cas, même si l’activité n’augmente pas significativement, quelques jolis météores devraient régaler les observateurs !

Carte de la position théorique des météoroïdes issus de la comète 109P/Swift-Tuttle par rapport à la Terre en 2015. On voit que notre planète va passer à proximité d'une zone légèrement plus dense en particules, sans réellement la pénétrer, ce ui peut donner naissance à une augmentation d'activité le 12 août, vers 18h39 TU. Crédits : IMCCE/CINES.

Carte de la position théorique des météoroïdes issus de la comète 109P/Swift-Tuttle par rapport à la Terre en 2015. On voit que notre planète va passer à proximité d’une zone légèrement plus dense en particules, sans réellement la pénétrer, ce ui peut donner naissance à une augmentation d’activité le 12 août, vers 18h39 TU. Crédits : IMCCE/CINES.

Il reste donc quelques semaines avant que le pic d’activité ne soit observable. Cependant, les personnes les plus motivées peuvent dès à présent commencer à surveiller les Perséides ! Même si actuellement, leur nombre est très faible (le nombre observable par heure se comptera sur les doigts d’une main jusqu’à début août), c’est une expérience très intéressante pour se rendre compte de l’évolution avec le temps de l’intensité de la pluie de météores, et appréhender réellement les variations de densité du nuage de météoroïdes traversé. D’autant que la courbe n’est pas symétrique ! Si la montée en puissance des Perséides est longue et impressionnante (30 jours), la chute elle, est extrêmement rapide (10 jours) !

Si vous avez des questions à ce sujet, n’hésitez pas ! Il reste 30 jours pour y répondre avant le pic…

Bons ciels et bonnes observations à tous !

 

Lexique

* ZHR : Zenithal Hourly Rate, soit le nombre de météores issus d’une même source (ici les Perséides) qu’un observateur peut voir en une heure sous des conditions idéales : radiant au zénith et ciel noir (magnitude limite de +6.5). Le nombre de météores effectivement observé est très généralement moindre.

** Radiant : zone du ciel d’où, par effet de perspective, tous les météores issus d’une même source semblent provenir. Le nom du radiant est généralement associé au nom de la constellation dans laquelle il est localisé. Le radiant des Perséides est ainsi localisé dans la constellation de Persée, à côté du célèbre W de Cassiopée.

*** Météoroïde : petite particules métallique ou rocheuse de quelques micromètres à quelques centimètres de diamètre qui voyage dans l’espace interplanétaire. S’il est amené à pénétrer dans l’atmosphère terrestre, il donnera naissance à un phénomène lumineux : le météore. Et si son volume et sa consistance sont relativement importants, il peut en subsister des parties qui peuvent atteindre le sol : les météorites.