Oct 202017
 

La nuit prochaine, levez-vous un peu plus tôt que prévu, et levez vos yeux vers le ciel. Attendez quelques minutes ? Vous l’avez vue ? Non ? Alors attendez un peu : avec 15 à 20 étoiles filantes par heure, vous devriez rapidement observer une Orionide, c’est-à-dire une étoile filante associée à la célèbre comète de Halley !

Le noyau de la comète de Halley, d’où sont libérées les météoroïdes qui vont donner naissance aux Orionides et aux êta-Aquarides (en mai). Credit: Halley Multicolor Camera Team, Giotto Project, ESA

 

La comète 1P/Halley, lors de son dernier passage, en 1986, photographié depuis l’île de Pâques par W. Liller, le 8 mars 1986. La queue bleue est composée de gaz ionisés, la queue plus blanche est constituée de particules rocheuses qui peuvent donner naissance à des météores si la Terre est amenée à les rencontrer. Credit : W. Liller

La comète de Halley est une grosse patate de cailloux et de glaces, qui revient à proximité de la Terre et du Soleil tous les 76 ans environ. Et à chacun de ses passages, la glace à la surface du noyau cométaire se sublime (elle passe directement de l’état solide à l’état gazeux), entrainant avec elle des petites particules rocheuses qui vont se promener dans l’espace interplanétaire… Or, deux fois par an, notre planète traverse le nuage de poussières libérées du noyau de cette célèbre comète, donnant naissance à deux pluies météoriques distinctes : les êta-Aquarides en mai (plus facilement observables depuis l’hémisphère Sud) et les Orionides (en octobre).

Les Orionides en 2006, photographiées par Tunc Tezel, qui mettent en évidence le phénomène de radiant. Credit & Copyright: Tunc Tezel

C’est cette dernière dont le maximum d’activité devrait avoir lieu lors des prochaines nuits (du 20 au 21 et du 21 au 22 octobre) : en fin de nuit, 15 à 20 Orionides devraient ainsi être observables par heure ! Ces étoiles filantes (synonyme de météores), par un effet de perspective (le même qui donne l’impression que des flocons de neige/gouttes d’eau semblent venir d’un même point lorsqu’on roule rapidement dessous en voiture), semblent provenir d’une même zone de la voûte céleste, dans la constellation d’Orion, d’où leur nom. Orion étant mieux placée en fin de nuit, il vaut donc mieux observer les Orionides dans les heures avant le lever du Soleil.

La position du radiant des Orionides et les constellations environnantes. Credit : Stellarium

Les Orionides peuvent apparaître n’importe où dans le ciel, mais vous optimiserez vos observations en dirigeant votre regard vers à l’Est des étoiles Castor et Pollux dans les Gémeaux, ou dans la direction de la constellation du Bélier, et en restant le plus concentré possible sur le ciel. Les Orionides sont des étoiles filantes très rapides (les poussières rentrent dans l’atmosphère à une vitesse de 66km/s) : vous devriez alors observer ces météores rapides, avec une fréquence d’un météore toutes les 3-4 minutes !

Mai 032017
 
Attention, elles arrivent !
Nous sommes entrés depuis le 19 avril dans le courant de météoroïdes issus de la comète de Halley qui donne naissance, comme tous les ans, à la même période, à la pluie météorique des êta-Aquariides ! Le maximum « classique » de ces dernières est prévu cette année le 6 mai, donc dans 3 jours environ.
MAIS, car il y a un mais, Mikhail Maslov a fait tourner quelques modèles, selon lesquels il est possible qu’une augmentation d’activité soit observée le 4 mai, entre 14h et 18h TU, lorsque la Terre passera à proximité du « dust trail » laissé par 1P/Halley lors de son passage au périhélie de -615…
Une telle augmentation avait été prévue (par Mikiya Sato) et observée en 2013, année exceptionnelle pendant laquelle le ZHR avait atteint 120 au lieu des 60-70 habituels ! Un spectacle impressionnant, même sous nos latitudes, qui ne sont pas les plus favorisées pour leur observation. Mikiya Sato a donc également fait des prévisions pour cette année. mais d’après lui, il est tout de même peu probable qu’une augmentation significative d’activité soit observée, même si on ne sait jamais ! Par comparaison avec 2013, nous passeront cette année plus loin du « dust trail » en question, et il n’y en aura qu’un, alors qu’en 2013, la Terre passait à proximité de plusieurs d’entre eux. Qui plus est, d’après ce même Mikiya Sato, l’augmentation d’activité, si elle a lieu, aurait lieu plus tard que celle des prévision de Maslov, puisque d’après ces calculs, elle se déroulerait le 5 mai, entre 5h et 15h TU.
Modélisation de la position des "dust trails" à proximité de la Terre aux alentours du 5 mai 2017, d'après les calculs de Mikiya Sato. Crédit : Mikiya Sato

Modélisation de la position des « dust trails » à proximité de la Terre aux alentours du 5 mai 2017, d’après les calculs de Mikiya Sato. Crédit : Mikiya Sato

A surveiller donc !
Et surtout en radio !
Car le radiant des êta-Aquariides, comme son nom l’indique, est localisé dans le Verseau, et il se lève très tard, et reste englué au ras de l’horizon. Seules quelques dizaines de minutes avant le début du crépuscule nautique peuvent être exploités pour leur observation à l’œil nu. Comme le radiant est bas, le nombre d’ETA observées ne sera pas conséquent (environ 5 par heure), mais elles peuvent être superbes, car elles peuvent se présenter sous forme de météores rasants (« earthgrazers » in English).
Position du radiant des êta-Aquariides (ETA), du 20 avril au 25 mai. Crédit : IMO

Position du radiant des êta-Aquariides (ETA), du 20 avril au 25 mai. Crédit : IMO

Par contre, alors que le Soleil sera levé, les observateurs radio pourront continuer d’observer l’activité de la source, et nous dire si les prévisions de Mikhail Maslov et Mikiya Sato sont confirmées ou pas !
Donc à vos yeux, vidéos, et récepteurs radio pour les nuits à venir !
Bons ciels à tou-te-s !
Pour aller plus loin :