Août 102017
 

Si vous vous levez demain matin (11/08) avant le lever du Soleil, vous devriez, malgré la Lune, apercevoir quelques étoiles filantes traverser rapidement le ciel nocturne. C’est normal, le maximum d’activité des Perséides est prévu dans une cinquantaine d’heures !

Les Perséides 2017 photographiées par Tunç Tezel depuis la Turquie. Crédit : Tunç Tezel, TWAN

Tous les ans, à la même période (aux alentours du 12 août), de nombreuses personnes partent à la chasse aux étoiles filantes (également appelés météores). Car ces dernières sont effectivement plus nombreuses ces nuits-là. La raison ? Notre planète, la Terre, traverse alors une zone plus dense en poussières (également appelés météoroïdes) de l’espace. Ces poussières se sont échappées depuis plusieurs centaines, voire milliers d’années du noyau d’une comète, 109P/Swift-Tuttle, qui revient à proximité du Soleil, et donc de la Terre, tous les 133 ans environ. Car le noyau d’une comète est composé de poussières et de glaces. En se rapprochant du Soleil, la glace de la surface se sublime (passe directement de l’état solide à l’état gazeux), emportant avec elle les particules rocheuses inclues dedans. Conséquence : l’orbite de la comète est entourée d’un nuage de météoroïdes qui ont été libérés depuis plus ou moins longtemps, et donc plus ou moins dispersés. Son dernier passage eut lieu en décembre 1992, et les années qui précédèrent et suivirent ce retour furent la source d’une recrudescence d’activité.

Depuis, l’activité semble s’être stabilisée, et le nombre théorique de Perséides observables actuellement par heure lors du maximum est d’environ 100. Le nombre de météores réellement observé est moindre (sauf si vous avez un ciel parfait !). Par exemple, cette année, la Lune étant présente dans le ciel, vous devriez observer 20 à 30 Perséides par heure, en fin de nuit, même si le ZHR* est de 100, en fin de nuit du 11 au 12, puis du 12 au 13 août.

Le maximum est en effet prévu cet année  entre le 12 août, 14h TU et le 13 août, 02h30 TU. Les meilleures périodes pour observer les Perséides sont donc la fin de nuit du 11 au 12 août, et toute la nuit du 12 au 13 août (en début de nuit, le radiant sera bas dans le ciel, mais la Lune absente ; en fin de nuit, le radiant** sera plus haut, mais la Lune sera présente, donc en fonction de vos disponibilités et conditions d’observation, vous pouvez choisir votre période d’observation).

La position du radiant des Perséides (PER) et son déplacement au cours du temps. Crédit : IMO

Pour cela, quelques conseils indispensables pour que vos observations se déroulent bien !

  • Couvrez-vous chaudement ! Même si nous sommes en été, les nuits sont fraîches, et vous allez rester allongés, sans trop bouger. Donc si vous ne voulez pas écourter votre session d’observation pour cause d’hypothermie, couvrez-vous chaudement, d’autant plus que les températures prévues pour les nuits à venir sont relativement fraîches.
  • Allongez-vous ! Chaise-longue, tapis de sol sont les bienvenus ! Sinon, c’est torticolis assuré, et une session d’observation écourtée…
  • Observez en deuxième moitié de nuit : le radiant (le point du ciel, d’où, par un effet de perspective, les Perséides semblent toutes provenir) des Perséides est dans Persée (d’où leur nom). Or, la constellation de Persée est très basse dans le ciel en début de nuit. Conséquence : leur nombre observable sera faible. Par contre, en fin de nuit, Persée sera bien plus haute dans le ciel, et le nombre de météores observés sera donc bien plus important !
  • Concentrez-vous ! Vous verrez bien moins de météores si vous ne gardez pas toute votre attention concentrée vers le ciel. Surtout pour les météores les moins lumineux.
  • Essayez d’observer sous des cieux les plus purs possibles : la Lune sera présente, et éclairera le ciel. Tout voile de brume, nuages, humidité ou aérosols augmentera considérablement ses effets. Plus votre ciel sera pur, moins l’effet de la Lune se fera sentir, et plus vous verrez d’étoiles filantes.
  • Masquez la Lune (avec un relief, un paravent, un parasol, ou une casquette) : cette dernière est très brillante, et fatiguante à la longue. Surtout, ne la gardez pas dans votre champs de vision, mais regardez plut^to dans la direction opposée, là où le ciel est plus noir !

N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions à ce sujet !

Bonne chasse aux vœux !

 

Notes

*ZHR : Zenithal Hourly Rate, c’est-à-dire le nombre théorique maximum observable de météores d’une source météorique donnée dans des conditions d’observation parfaites (radiant au zénith et ciel bien noir). Le nombre de météores réellement observé est généralement moindre.

**radiant : zone de la voûte céleste d’où semblent provenir, par un effet de perspective, les météores d’une même pluie météorique. En pratique, il ne faut jamais observer directement le radiant, car les météores peuvent apparaître partout dans le ciel. Pour optimiser sa chasse aux Perséides, il faut observer à une distance de 20-40° du radiant, à 60-80° de hauteur, et ne surtout pas avoir la Lune dans son champs d’observation !

Juin 062017
 
Les Ariétides diurnes, actives du 22 mai au 2 juillet, sont une des pluies de météores les plus actives en radio, donc tous les observateurs doivent avoir commencé à enregistrer un nombre croissant de « pings » en provenance de cette source ces derniers jours ! Le maximum d’activité de cette source météorique diurne est prévu demain, et le nombre
de météores devrait donc être encore plus important !
Activité radar enregistrée par le CMOR (Canadian Meteor Orbit Radar, http://meteor.uwo.ca/research/radar/cmor_intro.html) ces dernières 24 heures. Le radiant des Ariétides (ARI) est bien visible, vue l'activité actuelle de la source ! Crédit : CMOR

Activité radar enregistrée par le CMOR (Canadian Meteor Orbit Radar, http://meteor.uwo.ca/research/radar/cmor_intro.html) ces dernières 24 heures. Le radiant des Ariétides (ARI) est bien visible, vue l’activité actuelle de la source ! Crédit : CMOR

Le radiant des Ariétides est, comme son nom l’indique, localisé dans la constellation du Bélier, donc actuellement très près du Soleil. Plus précisément, il est à environ 30° à l’ouest de notre étoile, et se lève donc à peine 45 minutes avant elle. C’est pourquoi, il y a 3 ans de cela (en 2014), l’International Meteor Organization (IMO) a lancé une campagne d’observation VISUELLE de cette source, afin d’essayer de corréler l’activité radio enregistrée avec les taux d’activité qui seraient enregistré à l’œil nu si le radiant de la source était mieux placé.
Le ZHR équivalent en visuel est estimé aux environs de 30, ce qui en fait une source relativement active (plus active, même, que les Orionides, Léonides ou Lyrides). Mais comme le radiant se lève juste avant le Soleil, il reste très bas sur l’horizon, alors que le crépuscule matinal arrive. Pour participer à la campagne d’observation, il faut tout simplement essayer d’observer les Ariétides dans les matinées entourant le maximum, juste avant le lever du Soleil, et ce, même si le radiant est bien plus bas (le radiant doit normalement être à plus de 20° de hauteur au-dessus de l’horizon) que les recommandations habituelles pour faire des observations. Tout cela pour essayer d’avoir une idée de l’activité visuelle réelle de cette pluie de météores.
Bonne chance à tous ceux qui participeront à cette campagne d’observation demain et après-demain matin !
Jan 022016
 

Période d’activité : 28 décembre – 12 janvier
Maximum : 4 janvier, 08h 00 TU (l = 286.18°), mais peut-être un peu plus tôt (voir ci-dessous)
ZHR = 120 (peut varier entre 60 et 200)
Radiant : A.D. = 230° ; Déc. = +49°
Dérive du radiant : voir pièce jointe
V = 41 km/s
r = 2.1 lors du maximum, mais variable

Dérive du radiant des Quadrantides, d'après l'IMO (www.imo.net).

Dérive du radiant des Quadrantides, d’après l’IMO (www.imo.net).

Le maximum des Quadrantides, prévu le 4 janvier, pourra être observé dans des conditions favorables, car le Dernier Quartier de Lune aura lieu le 2 janvier. Pour beaucoup de site d’observation de l’hémisphère Nord, le radiant de la pluie météorique (au Nord de la constellation du Bouvier) est circumpolaire. Il atteint généralement une hauteur utile vers minuit (heure locale) et les conditions d’observation s’améliorent ensuite au fur et à mesure qu’il s’élève jusqu’au crépuscule. Le pic, prévu à 8h TU, sera trop tardif pour être observé depuis les régions les plus occidentales de l’Europe, tandis que les observateurs d’Amérique du Nord seront plus favorisés. La longitude solaire du maximum (l = 283.16°) est calculée à partir de l’analyse des courbes d’activité les plus fiables issues de la base de données collectées par l’IMO depuis 1992. Elle a été confirmée par les observations radio menée à partir de 1996. La plupart du temps, le pic est très court ; il peut donc être facilement manqué à cause de quelques heures de mauvais temps, ce qui peut expliquer pourquoi les niveaux d’activité semblent fluctuer d’une année à l’autre. Les résultats des calculs à partir des modèles de Jérémie Vaubaillon donnent quant à eux un pic un peu plus tôt, entre le 3 janvier, 22h TU et le 4, 2h TU. Un horaire qui favoriserait lui les observateurs aux longitudes européennes. Le niveau de complexité est en réalité encore supérieur, car la répartition massique des particules issues de la comètes 96P/Machholz et la petite planète 2003 EH1 dans le tore de météoroïdes induit qu’un premier maxima composé de météores peu lumineux (observables en radio ou au télescope) pourrait avoir lieu jusqu’à 14 h avant le maximum principal (observable à l’œil nu et en photo/vidéo). C’est pourquoi tous les observateurs devraient rester sur le qui-vive pendant toute la période. Un autre pic semble avoir été observé en radio à plusieurs reprises ces quinze dernière années, 9 à 12 heures après le maximum principal. Une confirmation visuelle de ce maximum serait également la bienvenue. L’activité des Quadrantides est généralement faible un jour avant et après le maximum, et les observations pensées laissent à penser que le radiant est alors très diffus (ce qui peut également être lié à la faible activité), et il se contracte sensiblement pendant le pic. La photographie et la vidéo peuvent apporter des informations importantes à ce sujet. La Nouvelle Lune du 10 janvier laisse également du temps pour essayer de collecter des données à la fin de la période d’activité de la pluie météorique, qui n’a pour l’instant jamais été réellement étudiée.