Oct 072018
 

C’était la comète de cet été : la magnitude de 21P/Giacobini-Zinner a atteint +7 environ, la rendant aisément accessible dans une paire de jumelles sous un ciel noir. Car la belle chevelue est passée au périhélie le 10 septembre dernier, soit un peu moins d’un mois avant le début de la période d’activité de la pluie météorique des Draconides (DRA) qui lui est associée. D’une période de 6.5 années, les passages au plus près du Soleil de cette comète sont parfois associés à des sursauts d’activité plus ou moins intenses de la pluie d’étoiles filantes associée.

Le sursaut d’activité des Draconides en 2011, enregistré par Juan Carlos Casado depuis l’Espagne. Crédit: Juan Carlos Casado

Le dernier passage au périhélie de 21P/Giacobini-Zinner, en février 2011, avait été associé à un sursaut d’activité des Draconides prévu par les modélisations et observé depuis l’Europe, où les ZHR ont atteint 300. L’année suivante, en 2012, rien d’exceptionnel n’était prévu, mais un sursaut d’activité quasi-identique a été enregistré en radio/radar. Lors de retours exceptionnels, il est même arrivé que les Draconides donnent naissance à des tempêtes de météores, comme ce fut le cas en 1933 et 1946.

La comète 21P/Giacobini-Zinner photographiée depuis le Pic du Midi le 6 octobre 2018, vers 03h 50min TU, soit 3 jours seulement avant le maximum prévu de la pluie météorique qui lui est associée. Crédit: François Colas

Cette année, malgré le passage récent de la comète au périhélie, aucune modélisation ne prévoir de réel sursaut d’activité. Cependant, vues les conditions, et le sursaut inattendu de 2012, il est recommandé de surveiller tout-de-même cette pluie de météores, car rien n’est impossible ! Le maximum « classique », dont le ZHR varie généralement entre 0 et 5, est prévu dans la nuit du 8 au 9 octobre, entre 23h TU et 01h TU (à 00h 10min TU d’après l’International Meteor Organization). En prenant en compte les derniers sursauts d’activité, les augmentations inattendues d’activité peuvent quant à elles arriver entre le 8 octobre, 15h 30min TU (en prenant en compte l’horaire du sursaut de 2011) et le 9 octobre, 08h 50min TU (en tenant compte du sursaut de 1999). Mieux vaudra donc surveiller le plus possible cette source d’activité !

Les prévisionnistes semblent cependant s’accorder sur une potentielle légère augmentation d’activité, lorsque la Terre passera à proximité d’un nuage de météoroïdes (« dust trail ») libéré de la comète en 1953, mais qui a été perturbé par un passage rapproché de la Terre en 1985, ce qui rend difficile toute estimation d’activité associée à ce tore de particules. Mikiya Sato prévoit ainsi un ZHR compris entre 20 et 50 le 9, vers 00h 14min TU, Jérémie Vaubaillon voit un ZHR plus faible (proche de 15) et un peu plus tôt (le 8, vers 23h 31min TU) et Mikhail Maslov obtient un horaire quasi-identique (23h 34min TU) pour un ZHR de 10-15. A confirmer (ou pas) !

Le radiant des Draconides est localisé dans la tête de la constellation du Dragon. Il est donc circumpolaire sous les latitudes de la France métropolitaine : les Draconides peuvent donc être observées toute la nuit, même si le début de nuit est plus favorable. Crédit : IMO

Le radiant des Draconides est localisé dans la tête du Dragon : il est donc circumpolaire (il ne se couche jamais) depuis les latitudes de la France métropolitaine, et les Draconides sont donc observables toute la nuit. Mais il est tout-de-même plus haut dans le ciel en début de nuit, et donc mieux placé pour l’observation. Mais vues les incertitudes sur l’activité, ceux qui peuvent veiller toute la nuit feraient bien d’en profiter ! Les Draconides sont des météores très lents, puisque la vitesse d’entrée des particules qui leur donne naissance est de 20 km/s. Les météores ont donc des vitesses apparentes faibles (s’ils sont observés haut dans le ciel et loin du radiant), voire très lentes (près du radiant et/ou de l’horizon). Ce qui les rend facilement identifiables et évite les confusions avec les météores sporadiques qui pourraient éventuellement s’aligner avec le radiant, faussant les analyses, notamment en cas de faible activité.

Bonne chance et bons ciels à tous !

Lexique

  • une pluie d’étoiles filantes est l’ensemble des météores associés à un nuage de météoroïdes issus d’une même source (comète ou astéroïde)
  • une comète est un objet constitué de roches et de glaces généralement localisé aux confins du Système solaire, mais qui peut se rapprocher périodiquement du Soleil. En s’en rapprochant, les glaces de la surface du noyau se subliment, entraînant avec elles les poussières qu’elles contiennent. Ce qui donne naissance aux queues de gaz et de poussières caractéristiques de ces objets.
  • un météore (ou étoile filante) est le trait lumineux observé lorsqu’une poussière interplanétaire ou un petit météoroïde pénètre dans l’atmosphère terrestre à très grande vitesse (entre 12 et 72 km/s)
  • un météoroïde est une petite particule de quelques millimètres à quelques dizaines de centimètres de diamètre qui se déplace dans l’espace. C’est elle qui donne naissance au météore si elle a la chance de pénétrer dans l’atmosphère de la Terre. Si le météoroïde est suffisamment massif, une partie de l’objet peut résister à cette entrée dans l’atmosphère, et donner naissance à une météorite.
  • une météorite est le caillou rocheux ou métallique qui est retrouvé sur terre, lorsqu’une partie d’un météoroïde suffisamment massif a réussi à traverser l’atmosphère et arriver au sol.
  • le radiant d’une pluie d’étoiles filantes est le point de la voûte céleste d’où semble provenir, par effet de perspective, les météores issus d’une même pluie.
  • le ZHR (Zenithal Hourly Rate, ou Taux Horaire Zénithal) est le nombre de météores que pourrait observer un individu dans des conditions d’observations parfaites : ciel bien noir et radiant localisé au zénith.
Déc 312017
 

Comme tous les ans, la trêve des confiseurs est à peine terminée que l’actualité météorique reprend le dessus ! Notamment avec le maximum d’activité de l’une des trois pluies d’étoiles filantes les plus actives de l’année : les Quadrantides.

Les Quadrantides photographiées par Leo Lamm en 2014, depuis la muraille de Chine. Crédit image : Leo Lamm

Les Quadrantides photographiées par Leo Lamm en 2014, depuis la muraille de Chine. Crédit image : Leo Lamm

 

Une pluie météorique méconnue à l’origine complexe

Tout au long de l’année, au cours de son voyage autour du Soleil, la Terre rencontre sur son passage de petites particules rocheuses ou métalliques issues de comètes ou d’astéroïdes, qui, en rentrant dans l’atmosphère à très grande vitesse, donne naissance à un trait lumineux fugitif : le météore (ou étoile filante). A certaines périodes, la Terre traverse des zones plus riches en poussières : le nombre d’étoiles filantes augmente alors plus ou moins considérablement, donnant naissance à des pluies météoriques, dont l’activité varie de 2 à plusieurs centaines, voire très exceptionnellement plusieurs milliers d’étoiles filantes par heure.

Trois pluies météoriques principales reviennent régulièrement, chaque année. Il s’agit des célèbres Perséides (en août), des Géminides (en décembre) et… des Quadrantides ! Ces dernières sont moins connues que les deux autres, car elles sont plus difficiles à observer, mais leur activité est comparable, voire supérieure ! Ce sont ces dernières qui vont être observables la première semaine du mois de janvier.

L’activité des Quadrantides a en réalité débuté le 28 décembre, et elle va perdurer jusqu’au 12 janvier, avec un maximum prévu le 3 janvier, vers 20h TU (soit 21 h, heure locale française). Mais l’activité de cette pluie n’est sensible que dans la journée entourant le maximum, qui a lui-même généralement une durée relativement faible : c’est pourquoi le moindre aléas météorologique peut vite réduire tout espoir d’observer les Quadrantides à néant ! Ces météores sont associés aux poussières interplanétaires libérées par divers objets du Système solaire. Le plus grand pourvoyeur de ces particules est cependant un astre (probablement une comète devenue inactive) découvert en 2003 et répondant au doux matricule de 2003 EH1. Ce dernier, lorsqu’il était encore actif, éjectait des particules rocheuses à chacun de ses passages à proximité du Soleil, lors de la sublimation de la glace de surface. Particules qui continuent de voyager et que notre planète peut être amenée à rencontrer. Mais d’autres objets, comme la comète 96P/Machholz, semblent également participer à la réserve de météoroïdes qui donne actuellement naissance à cette pluie d’étoiles filantes dont la dynamique est encore mal connue, malgré sa forte activité.

Observer les Quadrantides

L’avantage des Quadrantides, c’est qu’une simple paire d’yeux suffit pour les observer ! A condition de respecter quelques règles simples pour profiter au mieux du spectacle… Tout d’abord, se couvrir très chaudement : tenue de sports d’hiver indispensable sous peine de n’avoir vite qu’une seule idée en tête, rentrer pour se réchauffer ! Une fois se souci logistique réglé, ne reste plus qu’à savoir où et quand observer. Les Quadrantides sont théoriquement observables toute la nuit. Cependant, elles seront très peu nombreuses en début de nuit (moins de 5 météores par heure), alors qu’à partir de 3-4 h du matin, ce sont 20 à 30 météores par heure qui devraient être observables. Ceci est dû au fait que le radiant (la zone du ciel d’où semblent provenir toutes les Quadrantides, par un effet de perspective), localisé dans une constellation aujourd’hui disparue, celle du Quadrant mural (localisé entre les constellations de la Grande Ourse, du Dragon, du Bouvier et d’Hercule, et d’où est issu leur nom), est très bas dans le ciel en première moitié de nuit, et qu’il ne s’élève qu’à partir de minuit. Or, plus le radiant est bas, moins les Quadrantides sont nombreuses ! Les météoroïdes qui donnent naissance aux Quadrantides pénètrent dans l’atmosphère à 41 km/s (soit plus de 147 000 km/h !) : ces dernières sont donc de vitesse apparente moyenne, voire faible si elles sont observées prêt du radiant ou de l’horizon.

Il est également important d’observer sous un ciel qui s’y prête : la Lune étant largement présente cette année, il faut absolument essayer de la masquer avec un relief, un bâtiment, ou un objet. Et si ce n’est pas possible, alors il ne faut surtout pas regarder dans sa direction, mais à l’opposé. Plus le ciel sera transparent, moins les effets de notre satellite se feront sentir : tout voile d’humidité ou la présence d’aérosols dans l’atmosphère va considérablement amplifier les effets lumineux de la Lune, et gommer les météores les moins lumineux. N’hésitez donc pas à chercher les cieux les plus clairs possibles, et à vous éloigner des villes !

Toutes ces conditions respectées, il ne vous restera plus qu’à vous allonger dans votre sac de couchage, et profiter du spectacle ! 20 à 30 vœux par heure, quoi de mieux pour bien débuter l’année 2018 ?

Déc 212017
 
Vendredi 22 décembre, en milieu de journée (vers 15h TU, d’après l’International Meteor Organization) est prévu le maximum d’activité de la pluie météorique des Ursides (URS). Ce n’est pas la pluie météorique la plus active de l’année, et elle est même 10-15 fois moins actives que les pluies principales (Géminides, Perséides, Quadrantides), mais son ZHR maximum est d’environ 10, ce qui en fait une source tout de même intéressante à observer, puisque 5 à 7 Ursides sont observables par heure sous nos latitudes, en fin de nuit.
Le radiant des Ursides est localisé, comme son nom l’indique, dans la constellation de la Petite Ourse, à proximité de l’étoile Kochab (bêta UMi). Il est donc circumpolaire, mais il est plus bas sur l’horizon en première moitié de nuit, et il vaut mieux l’observer pendant les heures précédents l’aube pour profiter pleinement de l’activité de la pluie. Et il est donc détectable 24h/24, 7j/7, pour ceux qui utilisent des méthodes radio pour enregistrer les météores !
Position et dérive du radiant des Ursides au cours du temps. Crédit : IMO

Position et dérive du radiant des Ursides au cours du temps. Crédit : IMO

Il est intéressant de noter que les Ursides font partie de ces pluies météoriques dont l’activité peut être la source de sursauts d’amplitude variables. Ainsi, certains d’entre eux ont été très importants (ce fut le cas en 1945 et 1986). D’autres ont fait monter le ZHR à 15-20, comme ce fut le cas plus récemment (2006 & 2008), et certaines augmentations d’activité (2014 et 2015) n’avaient pas été spécialement prévues…
Cette année, d’après les modélisations de l’IMCCE, Jérémie Vaubaillon prévoit que la Terre passera à proximité d’un nuage de météoroïdes libérés de la surface de la comète 8P/Tuttle en l’an 884 aux environs du 22 décembre, 14 h 43 min TU, ce qui correspond peu ou prou à l’horaire du maximum principal. Il est donc possible que l’activité des Ursides soit légèrement supérieure à la moyenne, mais ce ne sera détectable de chez nous qu’en radio, car il fera jour… Les observateurs visuels devront eux se contenter d’observer avant et après le maximum, en fin de nuits du 21-22 et 22-23/12.
Avec une vitesse d’entrée de 33 km/s, les Ursides auront des vitesses apparentes semblables aux Géminides, dont l’activité touche à sa fin. Elles peuvent être observées partout dans le ciel, mais seront toutefois plus nombreuses si vous centrez votre champ de vision vers la constellation des Chiens de Chasse, ou la tête de la Grande Ourse, en deuxième moitié de nuit.
Bons ciels !
Déc 132017
 
Les Géminides 2015, photographiées par Steed Yu depuis l'observatoire de Xinglong, en Chine

Les Géminides 2015, photographiées par Steed Yu depuis l’observatoire de Xinglong, en Chine. Crédit NightChina.net, Steed Yu

Les Géminides, associées à l’astéroïde (ou comète rocheuse, ou comète éteinte, on ne sait pas encore trop) (3200) Phaéthon sont actives depuis plus d’une semaine maintenant ! Les observateurs radio, vidéo et visuels ont dû s’en rendre compte, car leur nombre n’a cessé de croître au cours des dernières nuits.
Coïncidence amusante, cette année, le 17 décembre, (3200) Phaéthon va effectuer son passage le plus proche de notre planète depuis sa découverte en octobre 1983 : il passera ainsi à 10.3 millions de kilomètres à cette date-là. Trop éloigné, donc, pour que des particules en train de s’échapper de sa surface puissent nous atteindre, et donc pas de sursauts d’activités attendus. Mais une étude très récente de Juergen Rendtel et Galina Ryabovaexplique l’augmentation continue d’activité de cette source depuis 1985. Et le phénomène ne devrait pas s’arrêter !
Cette année, le ciel est très favorable pour l’observation visuelle des Géminides, puisque la Lune sera absente du ciel, laissant un ciel bien noir aux observateurs qui auront réussi à s’éloigner des lumières artificielles. Ainsi, l’observation pourra être faite en toute quiétude, et surtout, elle sera optimisée ! Au plus fort de l’activité apparente (lorsque le radiant, localisé très près de l’étoile Castor, dans les Gémeaux), donc vers 2-3 h du matin, 70 à 80 Géminides devraient être observables par heure.
Cette année, le maximum est prévu le 14 décembre, vers 06h 30m TU, donc la nuit prochaine sera la plus active ! Et vus les niveaux d’activité enregistrés les années passées, ce sera peut-être même la plus active de l’année !
L’International Meteor Organization a consacré une page à l’observation des Géminides : https://www.imo.net/viewing-the-geminid-meteor-shower-in-2017/
Bons ciels !
Juil 212016
 

Le mois de juillet marque généralement le retour d’une activité météorique forte, et qui va perdurer jusqu’à la fin de l’année.

La fin du mois est notamment marquée par le début d’activité des célèbres Perséides, mais également par celle de multiples pluies dont les radiants sont localisés das les constellations du Verseau, du Capricorne et du Poisson Austral. Pendant longtemps, l’International Meteor Organisation (IMO) comptabilisait pas moins de 6 sources actives dans cette région du ciel de mi-juillet à mi-août. Désormais, même si une telle réduction est une simplification à l’extrême de la situation, l’IMO considère qu’il y a 3 sources majeures qui se distinguent par une activité détectable par rapport aux autres sources, moins intenses.

La plus active d’entre elle est la pluie des delta-Aquarides Sud (SDA) (seule rescapée du lot de 4 pluies : delta-Aquarides Nord et Sud, ainsi que iota-Aquarides Nord et Sud référencée par l’IMO il y a quelques années), active du 12 juillet au 23 août, avec une activité conséquente, puisque le ZHR (Zenithal Hourly Rate) atteint 16 lors de son maximum, prévu aux environs du 30/07 ! De maximas secondaires d’intensité équivalente peuvent cependant être observés autour de cette date, du 26 au 31 juillet. Il est également à noter que les dernières observations radio semblent montrer que la pluie météorique des delta-Aquarides Sud a une forte signature radio (elles sont plus discrètes en visuel).

Positions des radiants des pluies météoriques des alpha-Capricornides (CAP), delta-Aquarides Sud (SDA), Pisces Austrinides (PAU) et de la source antihéliaque (ANT). Crédit : International Meteor Organization (imo.net).

Positions des radiants des pluies météoriques des alpha-Capricornides (CAP), delta-Aquarides Sud (SDA), Pisces Austrinides (PAU) et de la source antihéliaque (ANT). Crédit : International Meteor Organization (imo.net).

Un peu plus haut dans le ciel, mais un peu moins intense en activité (ZHR maximum d’environ 5), la pluie météorique des alpha-Capricornides (CAP) est elle active du 3 juillet au 15 août, avec un maximum prévu à la même date que les delta-Aquarides sud, soit le 30 juillet. Même si les radiants de ces deux sources ne sont pas très éloignés l’un de l’autre sur la voûte céleste, il est intéressant de noter que la vitesse d’entrée atmsophérique des météoroïdes qui les composent sont très différentes. les alpha-Capricornides sont très lentes (V = 23 km/s), tandis que la vitesse d’netrée des météoroïdes composant les météores des delta-Aquarides Sud ont une vitesse quasi double (V = 41 km/s). Ce qui peut être un bon moyen de les distinguer en cas de doute. Les apha-Capricornides semblent avoir été légèrement plus actives en 1984 et 1995 (ZHR ~ 10). Mais rien d’exceptionnel n’a été observé depuis, même si les bolides très lents qui peuvent provenir de cette source sont toujours très spectaculaires et photogéniques.

Enfin, peut-être aurez-vous la chance d’observer quelques météores issus d’une source bien plus basse sur l’horizon. La déclinaison du radiant des Pisces Austrinides n’est en effet que de -30°, et ne monte donc guère au-dessus de l’horizon Sud, même lors de son passage au méridien. Il peut cependant être la source de quelques météores, notamment autour de son maximum d’activité, autour du 28/07, lorsque son ZHR atteint généralement 5. Cependant, très peu de données ont été enregsitrées concernant cette source, et il est possible que son activité soit légèrement surestimée.

Voilà donc de quoi occuper vos nuits en attendant l’arrivée des célèbres Perséides ! Ces dernières sont même déjà observables dès maintenant, mais à des taux bien moindres que ceux qui nous attendent aux alentours du 12 août…

Dernière mise à jour : 21/07/2016, 23h40

Mar 192016
 
P/2016 BA imagé en radar par le radar Goldstone de la NASA. Crédit: NASA.

Dans quelques jours, deux petites comètes vont passer très très près de la Terre. Quasi-jumelles (elles sont originaires du même noyau cométaires qui se serait scindé il y a quelques centaines d’années), ces deux comètes vont également être la source potentielle de météores ! Une bonne raison de guetter le ciel en cette fin de mois de mars !

252P/LINEAR, d’environ 230 m de diamètre, a été découverte le 7 avril 2000 par le projet LINEAR (Lincoln Near Earth Asteroid Research, du Massachussets Institute of Technology) et va ouvrir le bal, avec un passage à 5.3 millions de kilomètres de notre planète le 21 mars 2016 vers 12h TU. Sa petite taille et sa nature « dormante » (252P/LINEAR est une comète en phase d’extinction) n’en faisait pourtant pas un objet facile d’accès. les prévisions ne donnaient au mieux qu’une magnitude +12 à +13 lors de son survol. C’était cependant oublier la nature imprévisible des comètes : cette dernière, au cours de la dernière semaine, a ainsi vu sa luminosité augmenter considérablement. Elle est actuellement à la limite de la visibilité à l’oeil nu depuis l’hémisphère Sud (mag. ~+6) ! Elle ne sera malheureusement pas visible, puisque sa trajectoire la maintiendra dans l’hémisphère Sud tout le temps de son passage rapproché.

Mise à jour (26/03/2016) : la comète 252P/LINEAR arrive dans le ciel de l’hémisphère Nord et est désormais facilement visible le matin, avant le lever du Soleil, dans la constellation du Scorpion ! Voir l’article de Guillaume Cannat à ce sujet.

Le lendemain, vers 16h50 TU, c’est sa jumelle P/2016 BA, découverte le 22 janvier dernier (et d’abord confondue avec un astéroïde, d’où son matricule provisoire) par le projet PanSTARRS (Hawaï) qui passera encore plus près de la planète bleue, à seulement 3.5 millions de kilomètres ! Soit le troisième passage rapproché le plus proche d’une comète jamais enregistré (les précédentes étaient D/1770 L1 (Lexell) en 1770 et C/1983 (IRAS-Araki-Alcock) en 1983) ! La comète devrait elle être visible depuis l’hémisphère Nord, mais sa forte magnitude (probablement +12 à +13) devrait la tenir loin de portée des instruments des petits amateurs.

Mise à jour (26/03/2016) : la comète P/2016 BA est désormais passée à proximité de la Terre, et son noyau cométaire, de diamètre proche de 1 km, a été observée par la NASA avec le radar Goldstone, donnant cette fantastique vidéo du noyau.

Les deux comètes ayant des orbites très proches, il est fort probable qu’elles soient issues d’un même noyau cométaire, qui se serait fragmenter avant 1850, pour donner naissance à ces deux corps principaux… ainsi qu’à d’autres, plus petits, potentiellement sur leur trajectoires !

Car l’une des surprises que pourraient nous réserver ces deux comètes, c’est qu’elles pourraient être à la source de pluies de météores actives également à la fin du mois !

Ainsi, 252P/LINEAR pourrait être la source de météores les 28 et 29 mars prochain. D’après Peter Jenniskens, Jérémie Vaubaillon et Mikhail Maslov, la Terre devrait alors croiser une zone plus  ou moins denses de météoroïdes libérés par la comète lors de ses passages au périhélie au début du XXème siècle (entre 1894 et 1926). Nous ne devrions pas traverser les zones les plus denses, mais des nuages plus diffus de météoroïdes, dont la densité reste difficile à déterminer, car l’activité de la comète à l’époque est inconnue. Qui plus est, l’activité actuelle peut laisser penser que la densité de météoroïde peut être relativement faible. La position du radiant de cette potentielle pluie de météores serait localisée dans le ciel dans la constellation du Lièvre, aux coordonnées (A.D. = 05h10′ ; Déc. = -16°), avec une vitesse d’entrée atmosphérique très faible (~11 km/s). Ce qui ne facilite pas les observations pour les astronomes de l’hémisphère Nord : le radiant est dès le coucher du Soleil très bas sur l’horizon, et se couche très rapidement. Seules quelques dizaines de minutes d’observations peuvent cependant être tentées aux alentours de 20h TU, mais le nombre de météores risque toutefois d’être très faible. Mais toute information concernant cette source sera précieuse !

La pluie de météores associée à P/2016 BA sera quant à elle plus impossible à observer sous nos latitudes, puisque son radiant devrait être localisé dans la constellation de la Colombe, aux coordonnées (A.D. = 05h 05′ ; Déc. = -39°), avec des vitesse d’entrée atmosphériques proches de 14 km/s. Le maximum est prévu aux environs du 20 mars, vers 20h TU.

 

Pour en savoir plus :

La note de Jürgen Rendtel (IMO) à ce sujet (message envoyé le 25/03/2016 sur la liste de discussion IMO-News) :

« Dear fellow meteor observers,

In the IMO’s Meteor Shower Calendar for 2016, the section for
January to March includes a note (based on theoretical modelling
by Mikhail Maslov) that there might be a weak activity of faint,
very slow meteors (15.5km/s) on March 28–30 from a radiant near
mu Leporis (RA=78,De=−16). The meteoroids are from comet
252P/LINEAR and were ejected in 1915, 1921 and 1926. The ZHR
may just be 5–10 and would be visible in the evening.  The
most probable period is March 28, 11h–18hUT.
(http://feraj.narod.ru/Radiants/Predictions/252p-ids2016eng.html)

In the CBET 4268 of 2016 March 18, Peter Jenniskens and Jeremie
Vaubaillon report their calculations of this possible event.
The Earth may cross a diffuse cloud of perturbed meteoroids ejected
during 1894-1926 is calculated to be in the earth’s path on March
28.00-29.42 UT (peak March 28, 15-16UT). Dust ejected in 1921 is
predicte d to peak around March 28, 12-23UT UT, while dust from
1915 would peak March 28, 18UT. Slow meteors will radiate from
a geocentric radiant at RA=77.0, De=-16.3, velocity V_g=11.1km/s.
(http://www.cbat.eps.harvard.edu/iau/cbet/004200/CBET004268.txt/)

The radiant position in Lepus allows observations only in the
evening. Southern and tropical latitudes are located best, but
there is a short window even from mid-northern latitudes. Both
predictions hint at low rates only, so it may well be that
intervals yield a zero. Nevertheless, please report your data
via the report form http://www.imo.net/visual/report/electronic

Good luck and clear skies
Juergen Rendtel »

 

Dernière mise à jour : 28/03/2016, 10h30

Fév 182016
 
heatmap

Un impressionnant bolide a été observé en tout début de soirée du mercredi 17 février 2016 depuis une large moitié Sud de la France, vers 18h19 (heure locale, équivalent à 17h19 en Temps Universel). L’international Meteor Organization (IMO) et le REFORME (REseau Français d’ObseRvation de MEtéores) ont déjà reçu plus de 110 témoignages à propos de ce bolide. Ils sont mis en ligne à cette adresse : http://fireballs.imo.net/imo_view/event/2016/631

Carte des témoins du bolide du 17/02/2016 (d'après le site de l'IMO, au 19/02/2016, 17h)

Carte des témoins du bolide du 17/02/2016 (d’après le site de l’IMO, au 19/02/2016, 17h)

L’objet a été filmé lors d’un match de snow-rugby, en Savoie :

Les analyses automatiques des témoignages par l’IMO donnent une trajectoire grossièrement Nord-Est / Sud Ouest au-dessus de la frontière franco-italienne. Cette trajectoire devrait être affinée avec l’analyse fine des témoignages les plus précis, et des éventuelles vidéo complémentaires qui pourraient encore arriver. Cette page sera mise à jour sur le sujet au fur et à mesure.

 

Communiqué de presse de l’IMO :

Mercredi 17 février 2016, un bolide qui a survolé des Alpes françaises, a été largement observé. Les 89 rapports d’observation reçus par l’IMO (International Meteor Organization) ont permis d’établir que le phénomène a eu lieu aux alentours de 18h19 heure française (17h19 en temps universel). Si la majorité des rapports d’observation proviennent du Sud Est de la France (Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon), le bolide a été observé jusqu’en Aquitaine et Poitou-Charentes. Des témoins l’ont également aperçu depuis le Valais en Suisse et la Catalogne en Espagne. Béatrice F. témoigne dans son rapport d’observation : « Nous étions au balcon avec mon compagnon et mes jeunes voisins qui étaient dans la rue ont vu la même chose : une énorme étoile filante se désagrégeant en trois fois, un magnifique moment à la tombée de la nuit. »

Tous les rapports d’observation ainsi qu’une carte montrant la localisation des témoins est disponible à l’adresse suivante : http://fireballs.imo.net/imo_view/event/2016/631

Une première estimation de la trajectoire du phénomène, obtenue à partir des rapports d’observation des témoins oculaires, indique que le bolide a traversé le ciel français du Nord-Est vers le Sud-Ouest. La trajectoire lumineuse du bolide a débuté au-dessus de la commune de Pietraporzio dans la province de Cuneo en Italie et s’est terminée à quelques kilomètres à l’Est du lac de Castillon dans les Alpes de Haute Provence. L’évènement a été filmé par au moins deux témoins : un spectateur de “snow-rugby” lors du Tournoi des 6 stations à Valmorel et un automobiliste italien de la ville de Collechio dans la province de Parme en Italie. Certaines de ces vidéos sont visibles sur le site de la IMO : http://imo.net/node/1662

Les bolides sont des phénomènes très brillants qui surviennent lors qu’un météoroïde (un débris d’astéroïde ou de noyau de comète) pénètre à très grande vitesse (plusieurs dizaines de km/s) dans l’atmosphère terrestre. Ce sont des étoiles filantes, également appelées « météores », plus lumineuses que la moyenne. Si les étoiles filantes sont pour la plupart causées par des débris de taille millimétrique ou centimétrique, les bolides sont causés par des débris de dimensions plus imposantes (plusieurs centimètre ou dizaines de centimètres pour les plus lumineux). Le météore est donc plus bien plus brillant. Tous les témoins perçoivent un tel phénomène comme très proche, du fait de sa très forte luminosité intrinsèque. L’illusion de proximité est encore plus forte si on observe le phénomène près de l’horizon.

La grande majorité des météoroïdes se subliment totalement durant leur traversée de l’atmosphère terrestre. Il arrive cependant, pour les météoroïdes les plus massifs, que des morceaux survivent et soient retrouvés sur le sol : ce sont les météorites. Lorsqu’un tel phénomène survient, il est primordial d’obtenir des témoignages du phénomène pour déterminer sa trajectoire exacte. C’est ce qui est arrivé il y a quelque semaines en Floride où des météorites ont été retrouvées grâce aux rapports obtenus de l’IMO (et de l’American Meteor Society – membre de l’IMO): http://fireballs.imo.net/imo_view/event/2016/266 – L’histoire de la découverte des météorites est détaillée (en anglais) ici : http://www.mikesastrophotos.com/comets/osceola-meteorite-recovery/

L’IMO et toutes les organisations partenaires reçoivent des milliers de rapports d’observation chaque année. Cela a été rendu possible par la mise au point d’un formulaire interactif spécialement conçus pour obtenir des informations scientifiquement exploitables de novices en astronomie ayant simplement eu la chance d’être les témoins d’un bolide. Ce formulaire est disponible en plus de 28 langues à l’adresse suivante : http://fireballs.imo.net/

Le site de l’IMO contient beaucoup d’informations sur les météores et les évènements similaires, ainsi que des conseils pour les observer : http://www.imo.net/. L’association française ReForMe (REseau Français d’ObseRvation de MEtéores :http://www.reforme-meteor.net/) est également membre de l’IMO.

 

Dans la presse :

Dans les forums :

Juil 262015
 
imo

Vous l’attendiez tous, il est enfin paru ! Le Calendrier 2016 des pluies de météores rédigé et publié tous les ans par l’International Meteor Organization (IMO, www.imo.net) est en ligne (au format *.pdf, la version HTML étant en cours de mise en page) ! Le calendrier est actuellement disponible en anglais, en allemand et en néerlandais, mais une version française devrait voir le jour d’ici la fin de l’année. En attendant, n’hésitez pas à télécharger la version dans la langue de votre choix, et si vous avez des questions, posez-les nous !

Juil 152015
 

Le 17 juillet est une date qui n’évoque pas forcément grand chose dans l’esprit des astronomes amateurs… Et pourtant ! C’est la date « officielle » (fixée par l’International Meteor Organization (IMO, www.imo.net)) du début de la période d’activité des célèbres Perséides (PER) ! Ces dernières également désignées sous le nom de « larmes de Saint-Laurent » (la Saint-Laurent a lieu le 10 août, donc aux environs du maximum d’activité de la pluie de météores) ont été largement popularisées par les fameuses « Nuits des Etoiles » et le retour, au début des années 1990, par le retour au périhélie de la comète à l’origine des Perséides, 109P/Swift-Tuttle. Car en décembre 1992, cette dernière est venue rendre visite à notre étoile et donc à notre petite planète, événement qui n’a lieu que tous les 133 ans environ (le prochain est prévu en juillet 2126). Ce retour dans le voisinage du Soleil a ainsi été associé, pendant une vingtaine d’années (de 1988 à 2007), à l’apparition d’un maximum d’activité supplémentaire dont l’activité a dépassé des ZHR* de 200 entre 1991 et 1994 ! De quoi garder les curieux en éveil au cours des chaudes nuits d’été !

Depuis, la pluie météorique des Perséides est retombée à des taux d’activité plus classiques, mais cependant assez forts (au cours de son histoire récente, il semble que le ZHR, hors sursaut, ait varié de 30 à 150), puisque le ZHR lors du pic principal est d’environ 100. Ce qui classe donc les Perséides dans les trois pluies d’étoiles filantes régulières les plus actives de l’année (après les Géminides (ZHR = 120, en décembre) et les Quadrantides (ZHR entre 80 et 150, en janvier)).

L’activité des Perséides débute donc officiellement cette nuit. De toutes les pluies de météores, les Perséides font partie de celles qui ont la plus longue période d’activité : cette dernière s’étale du 17 juillet au 24 août, soit presque 40 jours (ou nuits, tout dépend du point de vue) ! Une telle période d’activité témoigne de la très grande ancienneté de cette pluie dont les premières observations remontent à l’an 36, où elle fut mentionnée dans des écrits chinois. Car elle implique une très grande dispersion des météoroïdes*** libérés du noyau cométaire de 109P/Swift-Tuttle. Dispersion qui n’est possible que si l’on imagine que les poussières rencontrées peuvent avoir été éjectées il y a plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’années avant de pénétrer dans l’atmopshère terrestre ! L’avantage de cet âge avancé des Perséides, c’est que le maximum est également très étalé dans le temps. Si pour des sursauts d’activité très intenses associés à des poussières fraichement éjectées d’une comète, le pic ne dure parfois que quelques dizaines de minutes, pour les Perséides, la nuit du maximum principal est entouré de plusieurs nuits (avant et après le pic) pendant lesquelles les ZHRs dépassent largement 50 !

Cette année, le maximum d’activité des Perséides est prévu le 13 août, entre 06h30 et 09h00 TU. Ce qui est très favorable aux observateurs européens (ou québécois) ! En effet, le radiant* des Perséides est localisé, comme son nom l’indique, dans la constellation de Persée. Et un rapide coup d’oeil à une carte du ciel confirmeront vos doutes naissants : en début de nuit, le radiant est très bas sur l’horizon… Contrairement à une idée reçue (ou plutôt, à une facilité d’observation, car il est plus facile d’observer après un barbecue sur la plage que de se réveiller à 3h du matin, même en vacances), les Perséides sont bien plus nombreuses dans le ciel en fin de nuit, puisqu’à activité égale, le nombre de Perséides réellement observé est quatre fois plus important en fin de nuit qu’en début de soirée. Les Perséides sont donc une pluie de météores de lève-tôt. Et qui devrait révéler toute leur splendeur à ceux qui seront éveillés en fin de nuit du 12 au 13 août, puisque le maximum est prévu en début de matinée, donc quelques heures seulement après que le radiant soit au zénith sous nos latitudes. Les quelques heures avant le crépuscule nautique devrait donc délivrer leur lot d’étoiles filantes… et de voeux !

Carte de position du radiant des Perséides et sa dérive sur la voûte céleste. Crédits : IMO

Carte de position du radiant des Perséides et sa dérive sur la voûte céleste. Crédits : IMO

Pour couronner le tout, cette année, un deuxième phénomène pourrait augmenter avec des proportions plus ou moins importantes l’activité des Perséides. D’après les prévisions de Jérémie Vaubaillon et de l’IMCCE/CINES, le 12 août, vers 18h39 TU, la Terre devrait passer à proximité d’un tore de météoroïdes libérés de la comète Swift-Tuttle en 1862. Ce qui pourrait faire augmenter l’activité observable des Perséides dans des proportions inconnues (cet événement peut passer complètement inaperçu, comme il peut également être faiblement ou largement perceptible). A cet horaire, il fera jour au-dessus de l’Europe, mais la nuit sera en passe de tomber. Il sera alors temps, même si les conditions d’observations ne seront pas parfaites (radiant bas sur l’horizon) de lever les yeux vers le ciel, au cas où… Dans tous les cas, même si l’activité n’augmente pas significativement, quelques jolis météores devraient régaler les observateurs !

Carte de la position théorique des météoroïdes issus de la comète 109P/Swift-Tuttle par rapport à la Terre en 2015. On voit que notre planète va passer à proximité d'une zone légèrement plus dense en particules, sans réellement la pénétrer, ce ui peut donner naissance à une augmentation d'activité le 12 août, vers 18h39 TU. Crédits : IMCCE/CINES.

Carte de la position théorique des météoroïdes issus de la comète 109P/Swift-Tuttle par rapport à la Terre en 2015. On voit que notre planète va passer à proximité d’une zone légèrement plus dense en particules, sans réellement la pénétrer, ce ui peut donner naissance à une augmentation d’activité le 12 août, vers 18h39 TU. Crédits : IMCCE/CINES.

Il reste donc quelques semaines avant que le pic d’activité ne soit observable. Cependant, les personnes les plus motivées peuvent dès à présent commencer à surveiller les Perséides ! Même si actuellement, leur nombre est très faible (le nombre observable par heure se comptera sur les doigts d’une main jusqu’à début août), c’est une expérience très intéressante pour se rendre compte de l’évolution avec le temps de l’intensité de la pluie de météores, et appréhender réellement les variations de densité du nuage de météoroïdes traversé. D’autant que la courbe n’est pas symétrique ! Si la montée en puissance des Perséides est longue et impressionnante (30 jours), la chute elle, est extrêmement rapide (10 jours) !

Si vous avez des questions à ce sujet, n’hésitez pas ! Il reste 30 jours pour y répondre avant le pic…

Bons ciels et bonnes observations à tous !

 

Lexique

* ZHR : Zenithal Hourly Rate, soit le nombre de météores issus d’une même source (ici les Perséides) qu’un observateur peut voir en une heure sous des conditions idéales : radiant au zénith et ciel noir (magnitude limite de +6.5). Le nombre de météores effectivement observé est très généralement moindre.

** Radiant : zone du ciel d’où, par effet de perspective, tous les météores issus d’une même source semblent provenir. Le nom du radiant est généralement associé au nom de la constellation dans laquelle il est localisé. Le radiant des Perséides est ainsi localisé dans la constellation de Persée, à côté du célèbre W de Cassiopée.

*** Météoroïde : petite particules métallique ou rocheuse de quelques micromètres à quelques centimètres de diamètre qui voyage dans l’espace interplanétaire. S’il est amené à pénétrer dans l’atmosphère terrestre, il donnera naissance à un phénomène lumineux : le météore. Et si son volume et sa consistance sont relativement importants, il peut en subsister des parties qui peuvent atteindre le sol : les météorites.