Mai 032017
 
Attention, elles arrivent !
Nous sommes entrés depuis le 19 avril dans le courant de météoroïdes issus de la comète de Halley qui donne naissance, comme tous les ans, à la même période, à la pluie météorique des êta-Aquariides ! Le maximum « classique » de ces dernières est prévu cette année le 6 mai, donc dans 3 jours environ.
MAIS, car il y a un mais, Mikhail Maslov a fait tourner quelques modèles, selon lesquels il est possible qu’une augmentation d’activité soit observée le 4 mai, entre 14h et 18h TU, lorsque la Terre passera à proximité du « dust trail » laissé par 1P/Halley lors de son passage au périhélie de -615…
Une telle augmentation avait été prévue (par Mikiya Sato) et observée en 2013, année exceptionnelle pendant laquelle le ZHR avait atteint 120 au lieu des 60-70 habituels ! Un spectacle impressionnant, même sous nos latitudes, qui ne sont pas les plus favorisées pour leur observation. Mikiya Sato a donc également fait des prévisions pour cette année. mais d’après lui, il est tout de même peu probable qu’une augmentation significative d’activité soit observée, même si on ne sait jamais ! Par comparaison avec 2013, nous passeront cette année plus loin du « dust trail » en question, et il n’y en aura qu’un, alors qu’en 2013, la Terre passait à proximité de plusieurs d’entre eux. Qui plus est, d’après ce même Mikiya Sato, l’augmentation d’activité, si elle a lieu, aurait lieu plus tard que celle des prévision de Maslov, puisque d’après ces calculs, elle se déroulerait le 5 mai, entre 5h et 15h TU.
Modélisation de la position des "dust trails" à proximité de la Terre aux alentours du 5 mai 2017, d'après les calculs de Mikiya Sato. Crédit : Mikiya Sato

Modélisation de la position des « dust trails » à proximité de la Terre aux alentours du 5 mai 2017, d’après les calculs de Mikiya Sato. Crédit : Mikiya Sato

A surveiller donc !
Et surtout en radio !
Car le radiant des êta-Aquariides, comme son nom l’indique, est localisé dans le Verseau, et il se lève très tard, et reste englué au ras de l’horizon. Seules quelques dizaines de minutes avant le début du crépuscule nautique peuvent être exploités pour leur observation à l’œil nu. Comme le radiant est bas, le nombre d’ETA observées ne sera pas conséquent (environ 5 par heure), mais elles peuvent être superbes, car elles peuvent se présenter sous forme de météores rasants (« earthgrazers » in English).
Position du radiant des êta-Aquariides (ETA), du 20 avril au 25 mai. Crédit : IMO

Position du radiant des êta-Aquariides (ETA), du 20 avril au 25 mai. Crédit : IMO

Par contre, alors que le Soleil sera levé, les observateurs radio pourront continuer d’observer l’activité de la source, et nous dire si les prévisions de Mikhail Maslov et Mikiya Sato sont confirmées ou pas !
Donc à vos yeux, vidéos, et récepteurs radio pour les nuits à venir !
Bons ciels à tou-te-s !
Pour aller plus loin :
Août 032016
 

Un sursaut d’activité de la petite pluie d’étoiles filantes des gamma-Draconides de juillet a été enregistré en vidéo (via le réseau CAMS Benelux) et en radar (CMOR) vers 0h TU, le 28 juillet (donc dans la nuit du 27 au 28/07). Le sursaut a duré moins de 2 heures, et les eZHRs déduits des enregistrements vidéo seraient montés pour atteindre 30 à 40, soit plus de 10 fois l’activité habituelle de cette pluie météorique !

Credit: IMO

Credit: IMO

 

Plus d’informations (en anglais):

 

Dernière mise à jour : 05/08/2016, 11h00

Nov 032015
 

Le courant météorique des Taurides se subdivise en deux pluies météoriques distinctes : les Taurides Nord (NTA) et Sud (STA), séparées sur la voûte céleste de 6° en déclinaison. Ces deux sources sont assciées à la comète à très courte période 2P/Encke, ainsi qu’à tous les objets du même type (comme l’astéroïde 2004 TG10, ou toutes les particules constituant la lumière zodiacale),  issus de la probable fragmentation d’une gigantesque comète il y a 20 000 à 30 000 ans. Or, les météoroïdes issus de ces sources ont des orbites qui les amènent relativement près de l’orbite de Jupiter. La géante gazeuse perturbe donc énormément leur trajectoire. Notamment en créant des zones de résonance, dans lesquelles les particules sont piégées, et ne peuvent que difficilement s’échapper. En résultent des zones de l’espace où la densité en météoroïdes est plus importante que la moyenne ; c’est une telle zone que nous devrions traverser en 2015 : la terre devrait pénétrer dans les poussières issues de la comète 2P/Encke qui sont entrées en résonance 7:2 avec Jupiter. C’est-à-dire qu’elles parcourent 7 fois leur orbite quand Jupiter en fait deux.

Carte de position des radiants des taurides Nord (NTA) et Sud (STA). Crédit IMO, www.imo.net.

Carte de position des radiants des Taurides Nord (NTA) et Sud (STA). Crédit IMO, www.imo.net.

Un tel phénomène a déjà été observé en 1988, 1995, 1998 et 2005. les prévisions laissent penser (et les observations actuelles tendent à le confirmer) que 2015 pourrait être la prochaine année sur la liste. lors de tels retours, les ZHR (en temps normal de 5) peuvent grimper à 10, voire 15 pour chacune des branches du complexe des Taurides : en résulte une jolie activité, qui est généralement marquée par la fréquente apparition de bolides tels que certains ont pu être observés ces derniers jours ! Ce phénomène dure génralement une dizaine de jours, de la fin octobre à mi-novembre. Nous sommes donc en plein dedans ! Et comme le radiant des taurides est levé toute la nuit, des Taurides peuvent apparaître dans le ciel à tout moment, même si elles seront plus nombreuses lorsque le radiant passe au méridien, en milieu de nuit.

Et peut-être avoir la chance d’assiter à ça : ce bolide une Tauride, a été observé et filmé depuis l’Allemagne et la Pologne le 31 octobre 2015, à 18h05 TU : http://imo.net/node/1645 et (en polonais) : http://www.pkim.org/?q=pl/bolid_31_pazdziernika_2015_nad_pomorzem
Ce qui donne, en images et en vidéos :

Bonnes observations et bons ciels à tous !